PREFACE
des perfidies florentines, et enfin de ce césarisme qui depuis tant de siècles est le rêve de ritalie après avoir été la honte de riuimanité. On ne saurait admirer avec trop de passion, étudier avec trop de patience l'incomparable style de Dante; chacun de ses vers est un basrelief d'airain. On a écrit des milliers de volumes à son éloge, et l'on n'a rien dit de trop. Mais nous oserons affirmer que, malgré le sujet de son poème, la sincérité de sa Foi catholique, son profond savoir en théologie, Dante est un poète aussi peu religieux que tous les autres poètes italiens. C'est avant tout, comme la plupart des grands hommes de son pays, un politique; son épopée de la théologie chrétienne est l'épopée de la colère. Malgré les splendeurs tie son Paradis, c'est à juste titre que son Enfer seul est resté populaire. Le théologien catholique est dominé chez lui par le politique florentin, le poète religieux par l'homme de parti. Après nous avoir montré l'enfer comme la base du monde moral, sa haine le pousse en dehors de toute justice et de tout sens commun dans la peinture de Satan, de celui qui, selon la théologie dantesque, porte au fond de l'abîme tout le poids de la création. Dus?é-jo être ?puI et contre tous,