‹ Poésies inéditesChapitre 8 sur 82 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

soient de couleur, et surtout ses paysa^^es, ont une tout autre portée. Ils expriment la vie, l'esprit, l'âme des choses, mieux encore qu'ils n'en reproduisent la forme sensible. Je ne dirai pas que Lamartine idéalise la nature, dans le sens de corriger et d'embellir, mais il l'anime et la spiritualise ; il en fait jaillir tout ce qu'elle renferme de moral et de divin. La nature devient sous son pinceau non seulement un portrait de l'àme humaine, mais comme une esquisse de la divinité j l'infini s'y reflète, l'intelligence et l'amour s'en exhalent de toutes parts. Lamartine peint toute chose d'une façon tellement fluide, transparente, intellectuelle, que les formes prennent des ailes sous son pinceau ; toute la création semble vivre de la vie de l'esprit et s'envoler dans une perpétuelle ascension vers l'intelligence et l'amour suprême dont elle émane. D'autres poètes abaissent et matérialisent l'expression des choses les plus élevées, comme pour mettre les objets en contact avec nos sens et leur soustraire, au profit du relief et de la couleur, tout ce qu'ils expriment du monde moral. Ces peintres épaississent, alourdissent la physionomie de toute chose et jusqu'aux paysages les plus éihérés. Dans les tableaux

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