‹ Poésies inédites de LamartineChapitre 17 sur 82 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MÉDÉE, IPHISE

MÉDÉE

Iphise , il est parti , et son cœur qui s'abuse

Triomphe et croit déjà posséder sa Creuse!

Tu te trompes, perfide , et tu me connais mal.

Suis ses pas, chère Iphise, en cet instant fatal.

Mais non , je garde encor un reste d'espérance;

Va trouver la princesse , et peins-lui ma souffrance ,

Dis-lui que , sur le point d'abandonner ces lieux,

Elle daigne venir recevoir mes adieux.

Va, je saurai trouver le chemin de son âme.

Son jeune cœur est pris, mais elle aime, elle est femme,

Iphise, elle plaindra l'état où tu me vois :

Va, je veux m'abaisser pour la dernière fois.

Et que puissent les dieux , contents de ma souffrance ,

Epargner s'il se peut un crime à ma vengeance!

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