SCÈNE IV
ZORAIDE, ÉLISE
ZORAIDE.
C'en est fait, j'ai parlé, j'en ai trop dit peut-être!
Devant ces tristes yeux Conrad va reparaître.
Essuiera-t-il mes pleurs, entendra-t-il mes vœux?
Ai-je trop présumé du pouvoir de ses feux?
Que dois-je attendre hélas! 0 vous en qui j'espère.
Seul dieu de mon enfance et seul dieu de mon père,
Exaucez-moi, cruel, pour la première fois,
Et donnez en ce jour quelqu'empire à ma voix !
Et toi, Dieu redouté (pie mon amant adore.
Que je voudrais fléchir, mais que mon cœur ignore,
Impitoyable Dieu qui causes mon effroi,
Sauve aujourd'hui mon père et je suis toute à toi!