‹ Poésies inédites de LamartineChapitre 60 sur 82 · DEBUT · texte numérisé non relu

DEBUT

POEME DE GLOVIS

Je chante ce héros qui des hords de la Seine Le premier devant lui chassa l'aigle romaine. Délivra la patrie, et fonda dans Paris La sainte foi du Christ et l'empire des Lys.

0 Muse, qui jadis aux rives du Scamandre D'Ilion renversé fis revivre la cendre, Viens, descends à nia voix du fabuleux séjour! Un Olympe nouveau te réclame à son tour.

Guide mes pas tremblants dans ces routes sacrées Où croissent du Jourdain les palmes révérées ; D'une céleste ardeur réchauffe mes concerts ; Viens orner mes récits du charme de tes vers, Et laisse-moi puiser à la source sublime Où s'enivra jadis le chantre de Solime, Quand, du sacré tombeau célébrant les vengeurs, Il guida dans Sion leurs pavillons vainqueurs!

A MLL FANNY DE V...

Est deits in notns.

Pourquoi de ces yeux humides, Remplis des traits de l'amour, Partent ces éclairs rapides, Plus purs que les feux du jour?

Pourquoi ce cœur qui palpite?

Pourquoi ce sein qui s'agite?

Où vont ces vagues soupirs?

Quel souffle sacré dénoue Ces cheveux qui sur sa joue S'abandonnent aux zéphirs?

Donnez, donnez-moi, dit-elle, La palette et les crayons;

Le feu dont brûlait A.pelle M'échauffe de ses rayons.

Soudain sa main créatrice Se livre au fougueux caprice De l'instinct qui la conduit, Et sous sa touche brillante, Ce que son génie enfante, Son pinceau le reproduit.

Où suis-je? Quels frais bocages!

Est-ce Arcadie ou Tempe?

Sur ces riants paysages J'arrête mon œil trompé.

Égaré dans ce bois sombre, Je sens la fraîcheur de l'ombre Qui tremble sous ces rameaux; J'entends la chute bruyante De la cascade écumante Dont le soleil peint les eaux.

Mais quoi! la nature entière Change d'aspect à mes yeux:

Un nuage de poussière Cache la terre et les cieux ; D'éclairs pâles et livides Le choc des fers homicides Sillonne l'obscurité ;

I M» KSI ES INEDITES. 205

Le sang colore les armes .

Et mon œil, mouillé de larmes.

Se détourne épouvanté.

Comment, d'un vol si rapide, Peux-tu passer sans effort Des riants jardins d'Armide Au théâtre de la mort?

Telle, en son miroir mobile, Une onde claire et tranquille Nous peint, en suivant son cours.

Tantôt des scènes guerrières.

Tantôt des jeunes bergères Les danses et les amours.

C'est là l'heureux caractère De ces esprits créateurs Qui d'une étude vulgaire Méconnaissent les lenteurs.

La verve qui les inspire De son facile délire Toujours te verse les feux, Et pour la beauté timide Qu'elle enflamme et qu'elle guide Les miracles son! des jeux.

Ainsi, d'une aile légère, La jeune et folâtre Iris,

D'un seul pied touchant la terre, S'élance aux divins lambris.

En se jouant dans l'espace, Elle y nuance la trace Où se peint son vague essor , Et, déployant sa ceinture, Enveloppe la nature D'un voile d'azur et d'or.

Millv, novembre 1817.

L'OxMBRE DE VICTOR ALFIÉRI

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