‹ Poésies (volume 2)Chapitre 15 sur 72 · L'ANGE ET L'ENFANT · texte numérisé non relu

L'ANGE ET L'ENFANT

€U%it h tint Mlhté

Un ange au radieux visage , Penché sur le bord d'un berceau, Semblait contempler son image , Comme dans Tonde d'un ruisseau.

a Charmant enfant qui me ressemble , a Disait-il , oh ! viens avec moi !

a Viens , nous serons heureux ensemble « La terre est indigne de toij

a Là , jamais entière allégresse :

a L'âme y souffre de ses plaisirs ; « Les cris de joie ont leur tristesse , « Et les voluptés leurs soupirs.

I« . L*AISGE ET L'ENFANT.

a La crainte est de toutes les fêtes ; a Jamais un jour calme et serein « Du choc ténébreux des tempêtes « N'a garanti le lendemain.

o Eh quoi ! les chagrins , les alarmes a Viendraient troubler ce front si pur !

a Et par Tamertume des larmes « Se terniraient ces yeux d*azur!

« Non , non ; dans les champs de l'espace a Avec moi tu vas t'envoler ; « La Providence te fait grâce « Des jours que tu devais couler.

c( Que personne dans ta demeure «N'obscurcisse ses vêtements ; « Qu'on accueille ta dernière heure « Ainsi que tes premiers moments.

« Que les fronts y soient sans nuage, a QueVien n'y révèle un tombeau ; « Quand on est pur comme à ton âge, G Le dernier jour est le plus beau. »

Et , secouant ses blanches ailes, L'ange , à ces mots, a pris l'essor

Vers les demeures éternelles

pauvre mère !... ton fils est mort !

soupm.

Tout n'est qu'images fugitives ; Ck)upe d'amertume ou de miel , Chansons joyeuses ou plaintives Abusent des lèvres fictives :

11 n'est rien de vrai que le ciel.

Tout soleil natt, s'élève et tombe; Tout trône est artificiel , La plus haute gloire succombe ;.

Tout s'épanouit pour la tombe.

Et rien n'est brillant que le ciel.

Navigateur d'un jour d'orage , Jouet des vagues , le mortel , Repoussé de chaque rivage , Ne voit qu'écueils sur son passage ; Et rien n'est calme que le ciel.

eoN3®iL^TmNi âUR i>*®iiiiy,

— Septembre 4833. —

Goutte à goutte longtemps dans ma coupe modeste

J'ai recueilli des fleurs Thumidité céleste.

Si la main de Toubli me la renverse alors

Que je Taurai remplie à couler par les bords ,

Le ciel me donnera de contempler sans peine

Mes odorants travaux répandus sur Tarène , .à

Et le jour accablant de chaleur et d'ennui

Dévorant ces parfums enlevés à la nuit. j

Le rossignol caché sous la feuillée épaisse,

Avant de dérouler sa voix enchanteresse ,

S'informe-t-il s'il est dans le lointain des champs ^

Quelque oreille attentive à recueillir ses chants?

Non ; il jette au désert , à la nuit , au silence

Tout ce qu'il a reçu de suave cadence.

Page 1