L'ANGE ET L'ENFANT
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Un ange au radieux visage , Penché sur le bord d'un berceau, Semblait contempler son image , Comme dans Tonde d'un ruisseau.
a Charmant enfant qui me ressemble , a Disait-il , oh ! viens avec moi !
a Viens , nous serons heureux ensemble « La terre est indigne de toij
a Là , jamais entière allégresse :
a L'âme y souffre de ses plaisirs ; « Les cris de joie ont leur tristesse , « Et les voluptés leurs soupirs.
I« . L*AISGE ET L'ENFANT.
a La crainte est de toutes les fêtes ; a Jamais un jour calme et serein « Du choc ténébreux des tempêtes « N'a garanti le lendemain.
o Eh quoi ! les chagrins , les alarmes a Viendraient troubler ce front si pur !
a Et par Tamertume des larmes « Se terniraient ces yeux d*azur!
« Non , non ; dans les champs de l'espace a Avec moi tu vas t'envoler ; « La Providence te fait grâce « Des jours que tu devais couler.
c( Que personne dans ta demeure «N'obscurcisse ses vêtements ; « Qu'on accueille ta dernière heure « Ainsi que tes premiers moments.
« Que les fronts y soient sans nuage, a QueVien n'y révèle un tombeau ; « Quand on est pur comme à ton âge, G Le dernier jour est le plus beau. »
Et , secouant ses blanches ailes, L'ange , à ces mots, a pris l'essor
Vers les demeures éternelles
pauvre mère !... ton fils est mort !
soupm.
Tout n'est qu'images fugitives ; Ck)upe d'amertume ou de miel , Chansons joyeuses ou plaintives Abusent des lèvres fictives :
11 n'est rien de vrai que le ciel.
Tout soleil natt, s'élève et tombe; Tout trône est artificiel , La plus haute gloire succombe ;.
Tout s'épanouit pour la tombe.
Et rien n'est brillant que le ciel.
Navigateur d'un jour d'orage , Jouet des vagues , le mortel , Repoussé de chaque rivage , Ne voit qu'écueils sur son passage ; Et rien n'est calme que le ciel.
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— Septembre 4833. —
Goutte à goutte longtemps dans ma coupe modeste
J'ai recueilli des fleurs Thumidité céleste.
Si la main de Toubli me la renverse alors
Que je Taurai remplie à couler par les bords ,
Le ciel me donnera de contempler sans peine
Mes odorants travaux répandus sur Tarène , .à
Et le jour accablant de chaleur et d'ennui
Dévorant ces parfums enlevés à la nuit. j
Le rossignol caché sous la feuillée épaisse,
Avant de dérouler sa voix enchanteresse ,
S'informe-t-il s'il est dans le lointain des champs ^
Quelque oreille attentive à recueillir ses chants?
Non ; il jette au désert , à la nuit , au silence
Tout ce qu'il a reçu de suave cadence.