‹ Poésies (volume 2)Chapitre 22 sur 72 · A VA LYRE · texte numérisé non relu

A VA LYRE

Souviens-toi du ciel , ô ma lyre.

Car c'est du ciel que tu descends.

Nos sages nous disent encore :

« Peuples , hâtez votre réveil !

a D'un plus beau jour chantez Taurore!.. »

Et c'est le coucher du soleil.

Le lendemain ne se peut lire

Sur des signes plus effrayants.

Souviens-toi du ciel, ô ma lyre ,

Car c'est du ciel que tu descends.

Le pouvoir dans sa main débile

Sent expirer l'autorité ;

Son drapeau descend immobile

Le long de son mât attristé ;

On appelle en vain le zéphyre

Autour de ses plis languissants. '. Souviens-toi du ciel , ô ma lyre , > Car c'est du ciel que tu descends.

Déjà de nos derniers orages ) A peine expirant dans lés airs S'élèvent les mêmes nuages Sillonnés des mêmes éclairs.

Que des tonnerres qui vont bruire Ne s'intimident pas nos chants ;

A MA LYBE.

Souviens-toi du ciel , ô ma lyre , Car c'est du ciel que tu descends.

Et qu'importe que le vulgaire Soit ou non pour ta déitét De sanctuaire en sanctuaire Il traîne sa servilité ; L'idole qu'il voudrait proscrire A cent fois reçu son encens.

Souviens-toi du ciel , ô ma lyre , Car c'est du ciel que tu descends.

Sous les faisceaux il rêve un mattre, Et sous un maître les faisceaux ; Le Brutus d'hier est un traître....

Qu'attendent des arcs triomphaux.

Contre ce coupable délire Lance des accords véhéments !

Souviens-toi du ciel , ô ma lyre , Car c'est du ciel que tu descends !

D'une faveur tumultueuse Que d'autres soient fiers de jouir :

D'une palme ignominieuse Ma tête saura s'affranchir.

Que la vertu daigne sourire , Voilà le prix oîi je prétends.

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