‹ Poésies (volume 2)Chapitre 30 sur 72 · S4 A UN EXILÉ · texte numérisé non relu

S4 A UN EXILÉ

Si le ciel veut qu'un jour ton sceptre nous régisse, Le premier enseignant l'esprit de sacrifice, Il te faudra debout dispenser la justice; Le prétoire royal ne peut plus être un lit.

Il te faudra surtout , par tes propres mérites,

Refaire un Saint-des-Saints aux majestés proscrites.

Leur voile profané n'est plus qu'un vil lambeau ;

Sur le velours royal le mendiant se rue ;

La couronne est traînée au ruisseau de la rue ;

Et la dérision, à la fête accourue ,

Endosse de cent rois le glorieux manteau.

Tu viendras, pour la voir de Thonneur retrempée,

De la nuit du fourreau délivrer notre épée

Qui n'en sort qu'à la voix d'un lord de la cité.

Nos Turcarets, couverts de pourpre et de dorures.

Au timon de l'État portent leurs mains impures,

Et la France sous eux a subi tant d'injures

Qu'à son front glorieux le rouge en est monté. i

Que par toi , s'embrassant d'une sincère étreinte.

L'autorité rigide et la liberté sainte ô

Aillent comme deux sœurs en se donnant la main. ''*

Du Saiil populaire apaisant les vertiges.

Si tu veux au pouvoir rendre tous ses prestiges,

Il te faudra marcher de prodige en prodiges

Et ne jamais faillir dans ce brillant chemin.

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