SAINTE-HÉLÈNE
Le glaive de Tesprit du fourreau se retire :
H a ses Austerlitz , ses Wagram , ses Eylau.
Des hommes du passé la ligue en vain conspire ,
Il n'aura pas son Waterloo.
Le Christ , comme une mer qui dévore un rivage , Recommence à ravir la terre à Tesclavage ; L'homme de la science a redoublé d'efforts Afin que sa loi sainte en tous lieux se propage : La vapeur frémissante a reconnu le mors ; On se rit de l'espace ainsi que de l'orage.
Bientôt sur tous les points le saint Verbe aura lui ,
Et les peuples, dans l'allégresse.
Verront s'accomplir la promesse Qu'il sera tout en tous, et tous seront en lui.
Qu'il ait ou non sauvé la France , Anathéme à celui qui ferma de sa main La source de l'intelligence Pour en sevrer le genre humain; A celui qui , posté sur la route des âges , Aux temps rénovateurs fit rebrousser chemin Parce qu'il avait vu leur menaçant lointain A d'autres dieux que lui présenter des hommages l Qu'en cercle rassemblés autour de son néant , Tant de jours avortés maudissent sa mémoire !
ou ANATUÈME ET GLOtHE. 87
DEUXIEME VOIX
Qu'il dorme environné de Fimmense Océan, Vaste symbole de sa gloire !
Ainsi de ces deux voix tonnant entre deux mondes Les peuples indécis entendront les combats
Tant que dans ces lointains climats Les vents aux vents et les ondes aux ondes
S'opposeront avec fracas.
t&3^IlS SiSS.
SOÏÏVMÏSS B'BlîilIGS,
— Juillet 1833. -
Revenez , revenez, beaux joui^ de mon enfance , De votre aspect riant charmer ma souvenance , Comme, dans le désert brûlant et spacieux, Sur la verte oasis se reposent les yeux!
Mon cœur, mon pauvre cçeur, à la tristesse en proie. En fouillant le passé vous retrouve avec joie , Jours naïfs, plaisirs purs emportés par le temps Ainsi que le parfum des fleurs par les autans , Quand notre bon curé ; d'un doigt glacé par Tâge , Me caressai! la joue et me disait : a Sois sage I » Quand mes pieuses mains, aux prières du soir. Pour ranimer ses feux balançaient Tencensoir; Alors que , réveillé bien avant la lumière Pour mon premier voyage i à travers la portière , Surpris , je contemplais dans Torient lointain ,