‹ Poésies (volume 2)Chapitre 39 sur 72 · M LE MOULIN DE GENÈSE · texte numérisé non relu

M LE MOULIN DE GENÈSE

Qui sous de blanches fleurs dérobe son épine Et dont Fodeur suave, et pourtant sans crédit. Réjouit doucement Fodorat et Tesprit ; Car il est un langage aux muettes paroles Qui dans chaque parfum a placé des symboles.

C'était un beau moulin que nous avions rêvé, Qu'on entend bien avant de s'y voir arrivé , Une meunière fraîche à la joue arrondie.

Et des enfants pareils au fruit de Normandie , Et le maître meunier avec ses compagnons Otant le traversier ou menant les bignons * , Et jetant sur le bord brochet , goujon , anguille , Qui, jusques en tronçons, dans la poêle frétille ; Et les petits poulets et les petits canards Avec leur marcher lourd et leurs cris nasillards , Et le coq-d'inde, et l'oie à l'appétit vorace .Vers l'écluse à plein bord menant sa jeune race. Ou venant, furieuse, au mendiant suspect Tourmenter les haillons des ailes et du bec ; Et le coq frappant l'air de son hardi ramage , Et le paon étalant son soleil de plumage , Et les bêlants troupeaux, le sifflet du pasteur Qui dirige leur marche et presse leur lenteur Quand le soleil du soir, dorant leur blanche laine. Leur dit que pour l'étable il faut quitter la plaine ; Et le chien aux longs poils, au collier hérissé,

* Outils de pdche.

Page 1