‹ Poésies (volume 2)Chapitre 40 sur 72 · LE MOULIN DE GENÈSE. M · texte numérisé non relu

LE MOULIN DE GENÈSE. M

Que le loup le plus fort n'a jamais terrassé ; Bref, ce qui constitue une ferme opulente.

Mais comme le réel détrompa notre attente !

Nous nous imaginions dans notre esprit subtil Qu'un mois d'avril toujours ressemble au mois d'avril, Et nous allions tous deux en parfaite ignorance Si le bien de la terre était dans la souffrance. Voilà qu'un paysan portant un sac de peau , Que tu connus et qui nous ôta le chcipeau , Nous dit : a Nous aurions bien besoin d'un peu de pluie, « Mais on est si méchant que le ciel nous oublie. » A quelques pas de là nous vîmes trois serpents Dans un fossé tari , qui s'en allaient rampants. La campagne était jaune, exténuée, avide Comme un enfant qui presse une mamelle vide ; Un vent sec et brûlant , dévoilant un ciel bleu , Soulevait du chemin une poussière en feu ; Les arbres ne montraient que quelques feuilles rares Et ne jetaient sur nous que des ombres avares. Rien du printemps, sinon quelque grillon aii loin Qui chantait, isolé dans un maigre sainfoin.

Nous marchions suffoqués de ch9,leur; et le Vistre S'offrit à mes regards sous un aspect sinistre. On aurait dit le Styx dont le fond découvert Eût été desséché par les feux de l'enfer.

Là trois pauvres canuts, barbotant en famille. Cherchaient dans des bas-fonds une fangeuse anguille. Enfin à nos regards vient s'offrir ce moulin ,

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