‹ Poésies (volume 2)Chapitre 45 sur 72 · IIS A M. JULES CANONGE · texte numérisé non relu

IIS A M. JULES CANONGE

Exhale de sa voix Vineffable douceur Et trompe ainsi Famour qui tourmente son cœur. Dans ton calme printemps tu ne nous fis entendre Qu'un hymne tour à tour riant, naïf et tendre ; Chacun en t'écoutant, doux rossignol des bois, Se fût fait un remords d'interrompre ta voix. Satisfait d'une gloire au modeste domaine.

Tu sus n'y point laisser de place pour la haine ; On se sentait heureux à te voir triompher.

Et nul en t'embrassant n'eût voulu t'étouffer. Tu n'as point vu l'envie, impuissante couleuvre, Profiter de la nuit pour baver sur ton œuvre , Puis, d'un œil maladif, lorsque le jour se fait, La lire, et resplendir à l'endroit imparfait. Ta muse, en habitant le fond de la vallée.

Des orages d'en haut n'était point accablée, Et du génie ardent ignorant les douleurs.

Ne respirait que l'ombre et le parfum des fleurs. Plaise à Dieu que jamais ton âme ne regrette Ces jours calmes et purs coulés dans ta retraite. Et ne dise anathème au fatal tourbillon Qui t'emporte aujourd'hui vers un autre horizon !

Mais pourquoi t' alarmer, jeune cygne que j'aime? Suis-je dans les secrets de la force suprême ? Dans la débile main d'un pâtre , d'un néant.

Dieu quelquefois a mis la chute d'un géant.

Et le gland que secoue et sème la tempête Est un chêne qui doit au ciel porter la tète.

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