A M. ALEXANDRE DUMAS
— Février 1855. —
Il est une pénible et sombre rêverie
Où Târae se remplit de sentiments amers ,
Le soir, lorsqu'on entend Torgue de Barbarie
Gémir,par un temps froid, le long des quais déserts ;
Quand , le pan du manteau jeté sur le visage , On va, Tesprit distrait par cet accord errant ; Qu'on voit à chaque coin , vous barrant le passage , Un homme , chapeau bas , qui vous dit en pleurant :
a Si je n'avais chez moi que ma propre misère , a A des jours malheureux j'aurais déjà mis fin ; c< Mais le ciel m'envoya des enfants, je suis père : ^« Donnez-moi quelques sous pour apaiser leur faim ! »
ns UN SOIR D*H1VER.
Et que l'on voit pourtant des lustres des soirées
Les fenêtres en feu changer la nuit en jour,
Et de jeunes beautés élégamment parées ;
L'ombre voluptueuse y passer tour à tour ;
Que Ton entend rouler Fopulente voiture Qui fait briller Téclat de son double fanal , Comme sur un sein nu les yeux de la luxure Lorsque le bal s'échauffe et fait quitter le schall ;
Que le théâtre, au loin, à pleine paierie , Comme F intempérance après ies grands festins, Dégorge par un drame une foule attendrie De puissants usuriers et de riches eatins.
Alors du cœui* saignant l'indignation folle Comme remède encor prescrirait le poison , Et ne sait si la pique avec la carmagnole Dans son rêve sanglant avait tort ou raison.
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a m. (Îl)ûrle0 Uobier,
^of^ Jté c/fa4eà ai c^/et^r.
— AOÛII83S. —
toi qui, sans toucher la main à Belzébut , Au monde des esprits fais payer le tribut , Heureux Merlin, qui vois sous tes cercles magiques Éclore d'autres fleurs dans les champs poétiques. Ta baguette se lève, et, prompt comme Téclair, Le lutin gourmande crie et passe dans Tair ; Le sylphe, éblouissant d'iris et de topaze , Fait ouïr le doux bruit de ses ailes de gaze , Et flotte dans Téther comme la bulle d'eau Que détache Tenfant du bout du chalumeau , Charme et rêve des yeux, haleine , météore Qu'un rayon de soleil illumine et dévore.
Que ne puis-je, ô Nodier, monté sur ton griffon.