ELLE EST MALADE
Pourquoi mouiller de pleurs le chevet de ton lit? Si ton regard s'éteint, si ta voix s'affaiblit .
Si ta lèvre se décolore , Mon ange , ne crains pas, de son charme vainqueur, Qu'une autre pût jamais t'effacer de mon cœur :
C'est par l'âme que je t'adore.
Si jamais (que ce jour se tienne loin encor ! ) Si, repUant ton cou sous l'aile de la mort,
Tu t'endormais , 6 ma colombe , De balcon en balcon je n'irais pas, le soir,
48ê ELLE EST UALÂDE.
Chanter alin qu'une autre à mes yeux se fit voir ; Mais j'irais m'asseoir sur ta tombe.
Et là, le front baissé, les yeux mouiUés de pleurs, Je te réveillerais sous mes vives douleurs;
Et le bruit de ton vol funèbre , En passant à travers le saule aux longs cheveux , Me serait préférable aux plus tendres ftveux
De la beauté la plus célèbre.
▲ppij^TZOïir.
— Noyenibre 48SS. —
Ohî pourquoi dans mes nuits jeter ainsi l'angoisse, Du cercueil immobile intervertir la loi?
J'ai fait pourtant brûler un cierge à la paroisse, Et l'office divin y fut chanté pour toi.
Ce que pour ton repos le rituel ordonne , Je l'ai fait accomplir avec un soin pieux ; Sur le seuil de ma porte on a donné l'aumône, Qui calme les tourments et fait ouvrir les cieux.
De l'oubli de ton deuil ne doit naître ta peine : Le plaisir ne m'a pas trouvé sur son chemin ; D'avides héritiers dans tes coffres d'ébène Pour ravir tes joyaux n'ont pas porté la main.