‹ Poésies (volume 2)Chapitre 55 sur 72 · ELLE EST MALADE · texte numérisé non relu

ELLE EST MALADE

Pourquoi mouiller de pleurs le chevet de ton lit? Si ton regard s'éteint, si ta voix s'affaiblit .

Si ta lèvre se décolore , Mon ange , ne crains pas, de son charme vainqueur, Qu'une autre pût jamais t'effacer de mon cœur :

C'est par l'âme que je t'adore.

Si jamais (que ce jour se tienne loin encor ! ) Si, repUant ton cou sous l'aile de la mort,

Tu t'endormais , 6 ma colombe , De balcon en balcon je n'irais pas, le soir,

48ê ELLE EST UALÂDE.

Chanter alin qu'une autre à mes yeux se fit voir ; Mais j'irais m'asseoir sur ta tombe.

Et là, le front baissé, les yeux mouiUés de pleurs, Je te réveillerais sous mes vives douleurs;

Et le bruit de ton vol funèbre , En passant à travers le saule aux longs cheveux , Me serait préférable aux plus tendres ftveux

De la beauté la plus célèbre.

▲ppij^TZOïir.

— Noyenibre 48SS. —

Ohî pourquoi dans mes nuits jeter ainsi l'angoisse, Du cercueil immobile intervertir la loi?

J'ai fait pourtant brûler un cierge à la paroisse, Et l'office divin y fut chanté pour toi.

Ce que pour ton repos le rituel ordonne , Je l'ai fait accomplir avec un soin pieux ; Sur le seuil de ma porte on a donné l'aumône, Qui calme les tourments et fait ouvrir les cieux.

De l'oubli de ton deuil ne doit naître ta peine : Le plaisir ne m'a pas trouvé sur son chemin ; D'avides héritiers dans tes coffres d'ébène Pour ravir tes joyaux n'ont pas porté la main.

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