‹ Poésies (volume 2)Chapitre 68 sur 72 · IS · texte numérisé non relu

IS

L*or des princes n*a pu suffire Pour t*arracher d'auprès de moi^ Mais aussi qui pouirait se dire Plus ardent et plus beau que toi ?

Noir, et bien plus noir que Tébène , Ton poil uni brille, pareil Aux claires eaux de la fontaine Que frappent les feux du soleil.

Lorsque , te litraht la carrière , Je te presse de mes genoux , Mon œil charmé voit ta crinière Bondir comme un flot en courroux.

L*ARABK A SON COURSIER. I«7

L'aigle semble avoir de ses ailes Muni tes flancs impétueux , Et le serpent dans tes prunelles A mis la flamme de ses yeux.

Ton vol est celui de Torage ; Pour toi les airs ont une voix :

Ils bruïssent à ton passage Gomme les traits de mon carquois.

Sans toi nos tribus florissantes N'auraient pas un si beau destin :

Ton audace remplit leurs tentes Et de captifs et de butin.

Mais , calme à Fabri de ces roches ^ Pourquoi ce prompt frémissement?

Soupçonnerais-tu les approches Du fils hardi de TOccident?

Tes naseaux hument Tair qui passe ; Ton pied , rival des aquilons « Demande à dévorer Tespace , Et ton regard me dit : a Allons 1 »

LA BARODB DU PÉCHEUII.

Assis dans son bateau vers la chute du jour, Un pêcheur réparait son filet misérable.

Voilà que tout à coup un ouragan accourt :

Le vent en tourbillons a soulevé le sable , Et Tamarre se rompt , et les flots en fureur Loin de terre ont jeté la barque du pêcheur i

Il chercha vainement et sa voile et sa rame : Elles étaient au bord, d'où ses fils et sa femme, Impuissants , lui tendaient les bras dans leur douleur, A travers le bruit sourd de Técumante lame 11 entendait leurs cris ; ils déchiraient son àme, Hais toujours s'éloignait la barque du pêcheur.

Bientôt rien ne frappa sa paupière éperdue Que de Tonde et du ciel Teffrayante étendue,

LA BARQtE DU PÊCHEUR. fM

OÙ la nuit fait encor descendre son horreur.

Et le livide éclair a déchiré la nue, Et d'instant en instant la tempête est accrue ; Et toujours s'éloignait la barque du pécheur.

De Faurore en pleurant il attend la lumière ; Mais nul rayon d'espoir ne vient luire à son cœur. Il se met à genoux : «Délivrez-moi, Seigneur ! G J'ai de jeunes enfants, une femme, un vieux père : « Qui pourra , si je meurs, soulager leur misère ? » Mais toujours s'éloignait la barque du pécheur.

Ainsi chaque matin , trompant ses espérances» La mer ne lui montrait que des déserts immenses ; Dans son vaste horizon nul point consolateur. Seulement, la mouette à la voix funéraire Effleurait dans son vol la vague solitaire.

Et toujours s'éloignait la barque du pécheur.

Mais sa joue a brillé d'une larme joyeuse :

Il voit dans le lointain de l'onde vaporeuse Une voile... Il bénit le ciel libérateur...

Mais, pareil à l'éclair qui luit et qui s'eOace, Le vaisseau désiré disparaît dans l'espace.

Et toujours s'éloignait la barque du pécheur.

Et le sud redoubla ses fougueuses haleines ; Et dans le fond glacé des régions lointaines

«il LA BAIIt^UJB DU PfieflKUR.

OÙ six mois de Tbiver domina la stupeur, Où la vague durcie au riyiige s*eûcbalne« Où semblent ^ivre seuls Tours blanc et la baleine, Se perdit comme un trait la barque du pèdieur.

%S^ K/éè^iUi^^nae^em ^m,,.

Toi qui devrais aimer par-dessus toutes choses Les fêtes, les plaisirs, les papillons, les roses ,

Tu rêves un nom immortel !

Si ton songe jamais peut devenir réel , Pauvre fille , à quels maux il te faudra résoudre I Sur les flots de Toubli nul ne surgit en vain ;

Et les voluptés de la foudre

Sont de frapper jun front divin.

Que sur le tien plutôt vienne cette couronne Qu'amour reçoit et qu'amour donne ; Livre ton cœur à de plus doux penchants.

Pourquoi veux-tu que le bonheur t'oublie?

Ton maintien est si doux , ta bouche si jolie , Et tes regards sont si touchants !

m A MADEXOISOXE ft...

Mais tu détournes ta paupière

Et reçois mes conseils avec un froid dédain

Je le vois , un amant qui n'est pas de la terre

A déjà dormi sur ton sein :

L*esprit des chants, brûlant d'une ardeur meurtrière

Après un nocturne entretien , Te pressant de ses bras, te couvrant de ses ailes , Te ravissant aux sphères étemelles , A confondu son soufQe avec le tien.

Ton existence à la sienne est unie ; A lui toutes les fleurs du printemps de tes jours...

Muses, applaudissez! Pleurez, pleurez, amours.

Cette victime du génie !

^iîl. €0litt,

A PROPOS d'une ébauche DE DEUX TÈTES DE

Page 1