‹ Poésies (volume 3)Chapitre 51 sur 68 · L'ESPRIT L1 LES SENS · texte numérisé non relu

L'ESPRIT L1 LES SENS

Celte paix quici-bas rien ne pouvait lui rendre , Objet de cet ennui qu'il ne pouvait comprendre ,

Qui faisait que son front séchait toutes les fleurs,

Et que sa joie aussi s’exprimait par des pleurs î Vienne ; vienne bientôt le jour , l’instant prospère O ii de Came et du corps le divorce s'opère !

Car la vie est la mer où le flot bat le flot ;

C’est un char enrayé d'un bois de javelot ,

Attelé par devant , attelé par derrière ,

Et qui doit cependant parcourir la carrière!

C’est le plaisir toujours compagnon du remord ,

C’est un homme vivant qu'on lie avec un mort ,

Et qui doivent ainsi vivre et pourrir ensemble , Jusques a ce qu’usant le nœud qui les rassemble ,

Et retournant tous deux à leur propre élément , Rentrent 1 un dans la vie et l'autre au monument.

Et tu nous vois pourtant pleurer sur quelques heures Qu'il nous reste a passer en ces tristes demeures Tant notre esprit esclave en son obscurité Ressemble au vieux captif qu'on met en liberté.

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