‹ Poésies (volume 3)Chapitre 52 sur 68 · L'ESPRIT ET LES SENS. VK · texte numérisé non relu

L'ESPRIT ET LES SENS. VK

A force d’habiter l’onde fétide et noire ,

Des splendeurs du soleil il n’a plus la mémoire ;

Sa prison exiguë est un monde à ses yeux ,

Dont il pouvait toucher l’horizon et lescieux ;

11 ne peut concevoir que des mains inhumaines Le fassent tant souffrir pour dériver ses chaînes ;

11 craint d’abandonner sa couche de sapin ;

11 emporte avec lui le reste de son pain ;

De stupides regrets humectent sa paupière ,

Jusques a ce qu’enfin , l’inondant de lumière ,

Le ciel à son regard déroule son azur ,

Et fasse en sa poitrine entrer un air plus pur.

Alors il baise avec d’ineffables délices La main qui vient de mettre un terme a ses supplices. Sa lèvre est tout éloge , et son cœur tout amour Pour le mortel qui vient de l'enfanter au jour.

Ah ! quand je sonderai , dans l’ombre et le silence , Des routes de la mort la profondeur immense ?

Et que j’en reviendrai pâle et défiguré ,

Ainsi que le coursier de terreur effaré .

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