L’ESPRIT ET LES SEINS
Qui , le crin hérissé , se retire en arrière ,
Dans le fatal chemin qu’a battu la sorcière ,
Où l’énorme serpent aux verdâtres replis ,
Pour surprendre sa proie , attend sous le taillis ; Pais passer devant moi quelque céleste flamme, Qui des rêves mondains désenchante mon ame , Et par un saint dégoût des choses d ici-bas ,
La fasse relever alors que je Pabas :
Ainsi que l’alouette aux premiers feux de l'aube, A sa couche terrestre en chantant se dérobe.
Mais peut-être, ô mon Dien ! ton sévère secours Nous accorde des jours pour expier des jours ,
Et nous fait exister pour conquérir la vie ,
Qui jamais aux douleurs ne doit être asservie ; Mais daigne cependant n’infliger qu'aux plus forts Cette épreuve au-dessus de mes faibles efforts ;
De peur qu'en prolongeant ma lutte expiatoire ,
Je ne sente expirer l’espoir de la victoire ; Semblable au matelot sur les gouffres mouvans ,