‹ Poésies (volume 3)Chapitre 53 sur 68 · L’ESPRIT ET LES SEINS · texte numérisé non relu

L’ESPRIT ET LES SEINS

Qui , le crin hérissé , se retire en arrière ,

Dans le fatal chemin qu’a battu la sorcière ,

Où l’énorme serpent aux verdâtres replis ,

Pour surprendre sa proie , attend sous le taillis ; Pais passer devant moi quelque céleste flamme, Qui des rêves mondains désenchante mon ame , Et par un saint dégoût des choses d ici-bas ,

La fasse relever alors que je Pabas :

Ainsi que l’alouette aux premiers feux de l'aube, A sa couche terrestre en chantant se dérobe.

Mais peut-être, ô mon Dien ! ton sévère secours Nous accorde des jours pour expier des jours ,

Et nous fait exister pour conquérir la vie ,

Qui jamais aux douleurs ne doit être asservie ; Mais daigne cependant n’infliger qu'aux plus forts Cette épreuve au-dessus de mes faibles efforts ;

De peur qu'en prolongeant ma lutte expiatoire ,

Je ne sente expirer l’espoir de la victoire ; Semblable au matelot sur les gouffres mouvans ,

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