L ESPRIT ET LES SENS
Qui laisse son navire aller à tous les vents ;
A l’esclave accablé d’une longue carrière
Qui , sur le grand chemin dont il boit la poussière ;
Laisse là le fardeau dont il est harassé ,
Et dort ? indifférent , sur l’herbe d’un fossé ,
Qu’au retour au logis, que son repos diffère ,
Un maître impatient 1 immole à sa colère.
Ah ! quand je flotterai de l'esprit à la chair ,
Que le premier l’emporte et me soit le plus cher !
Car c'est bien vainement que l’homme délibère De fuir sans ton secours le mal qui nous obère.
Mon Dieu que j’en triomphe en toute occasion , Crainte que , me livrant à la dérision ,
Si ma leçon n’était de l'exemple suivie ;
Le méchant ne se dise : Il vit de notre vie ,
Et dans tous ses discours il vient effrontément Nous vanter son amour pour. la sagesse : il ment !
Et tu sais cependant si mon ame est sincère À désirer ton règne au ciel et sur la terre ;
Si mon œil ; ébloui d’une vaine clarté ,