‹ Poésies (volume 3)Chapitre 54 sur 68 · L ESPRIT ET LES SENS · texte numérisé non relu

L ESPRIT ET LES SENS

Qui laisse son navire aller à tous les vents ;

A l’esclave accablé d’une longue carrière

Qui , sur le grand chemin dont il boit la poussière ;

Laisse là le fardeau dont il est harassé ,

Et dort ? indifférent , sur l’herbe d’un fossé ,

Qu’au retour au logis, que son repos diffère ,

Un maître impatient 1 immole à sa colère.

Ah ! quand je flotterai de l'esprit à la chair ,

Que le premier l’emporte et me soit le plus cher !

Car c'est bien vainement que l’homme délibère De fuir sans ton secours le mal qui nous obère.

Mon Dieu que j’en triomphe en toute occasion , Crainte que , me livrant à la dérision ,

Si ma leçon n’était de l'exemple suivie ;

Le méchant ne se dise : Il vit de notre vie ,

Et dans tous ses discours il vient effrontément Nous vanter son amour pour. la sagesse : il ment !

Et tu sais cependant si mon ame est sincère À désirer ton règne au ciel et sur la terre ;

Si mon œil ; ébloui d’une vaine clarté ,

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