LA BARQUE DU PÉCHEUR
11 chercha vainement et sa voile et sa rame ,
Elles étaient au bord d’où ses fils et sa femme , Impuissans , lui tendaient les bras dans leur douleur A travers le bruit sourd de récumante lame ,
11 entendait leurs cris , ils déchiraient son ame ,
Mais toujours s'éloignait la barque du pêcheur.
Bientôt rien ne frappa sa paupière éperdue Que de Tonde et du ciel l'effrayante étendue Où la nuit fait encor descendre son horreur 1 Et le livide éclair a déchiré la nue.
Et d’instant en instant la tempête est accrue :
Et toujours s'éloignait la barque du pêcheur.
De l'aurore en pleurant i! attend la lumière ;
Mais nul rayon d’espoir ne vient luire à son cœur ! 11 se met a genoux : « Délivrez-moi , Seigneur !
« J’ai de jeunes enfans , une femme , un vieux père « Qui pourra ? si je meurs , soulager leur misère? » Mais toujours s’éloignait la barque du pêcheur.