‹ Poésies (volume 3)Chapitre 61 sur 68 · LA BARQUE DU PÊCHEUR · texte numérisé non relu

LA BARQUE DU PÊCHEUR

Ainsi chaque matin, trompant ses espérances,

La mer ne lui montrait que des déserts immenses , Dans son vaste horizon nul point consolateur ; Seulement la mouette a la voix funéraire Effleurait dans son vol la vague solitaire !

Et toujours s’éloignait la barque du pêcheur.

Mais sa joue a brillé d'une larme joyeuse !

11 voit dans le lointain de l'onde vaporeuse

Une voile . il bénit le ciel libérateur ;

Mais pareil 'a l’éclair qui luit et qui s’efface ,

Le vaisseau désiré disparaît dans l’espace.

Et toujours s’éloignait la barque du pêcheur.

Et le sud redoubla ses fougueuses haleines ;

Et dans le fond glacé des régions lointaines ,

Où six mois de l’hiver domine la stupeur ,

Où la vague durcie au rivage s’enchaîne ,

Où semblent vivre seuls l'ours blanc et la baleine , Se perdit comme un trait la barque du pêcheur.

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Voyez cette nef dont la voile Brille d’or, de pourpre et d azur, Glisser sur l’eau, comme l’étoile Qui traverse un ciel calme et pur.

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