‹ Poésies (volume 5)Chapitre 27 sur 63 · A M. L'ABBÉ F. DE LA MENNAIS · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ F. DE LA MENNAIS

Honneur à qui combat pour que ce temps surgisse...! Rêve de La Mennais ! mais rêve cependant !

Hélas ! les rois n'ont pas seuls trompé notre attente, La populace aussi compte une ère sanglante. Alors la liberté voila ses yeux de pleurs; Le tyran, en haillons, n'en fut que plus farouche. Tout système a passé par la pierre de touche : Jamais le genre humain, se tournant sur sa couclie , N'a pu complètement endormir ses douleurs.

Chaque jour qui se perd dans l'abîme des âges, Ne varie après tout que l'aspect des orages, Et ne fait que changer le mode de souffrir. Toi-même tu l'as dit, l'exil est sur la terre, Les cris de l'opprimé ne s'y peuvent pas taire, L'injustice y possède un sceptre héréditaire Qu'à son poignet de fer nul ne pourra ravir.

Et puis, quelle (pie soit la nuit que l'on abhorre,

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Du candélabre éteiiil la mèche iume encore, Et l'Espril-Saint a dit qu'il ne l'étcindrait pas. Ninivea parcouru la moitié de l'abîme, Le Seigneur l'en retire, et pardonne à son crime; Ezéchias, chantant son cantique sublime.

Trompe l'avidité du gouffre du trépas.

Je n'attends pas icîle céleste royaume,

J'attends ce demi-jour où peut prétendre l'homme;

Je crois que tous ces os blanchis et parsemés

Sur ce désert sans fin que le soleil dévore,

Sous un souffle vivant se lèveront. J'ignore

S'il viendra du couchant, s'il viendra de l'aurore;

Mais je crois fermement qu'ils seront ranimés.

0 grand homme, pardonne à ce hardi langage! Sur tou front foudroyé d'autres jettent l'outrage; Mais mon cœur a banni tout sentiment amer. Ah ! loin de t'affliger, que ma voix te console : C'est loi qui la formas , c'est la propre paroh* ,

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