SAINTE-HÉLÈNE
PREMIERE VOIX
Quand le Seigneur éteint ce fatal météore, Loin que ce soit la nuit, c'est le jour qui colore
Notre orient de sa clarté.
La France, sommeillant dans la captivité, S'éveille, et sur sa couche elle repasse un rêve
Qu'elle a fait sur la liberté.
La force brute a perdu son empire.
Le glaive de l'esprit du fourreau se retire : Il a ses Austerlitz , ses Wagram , ses Eylau. Des hommes du passé la ligue en vain conspire,
Il n'aura pas son Waterloo.
Le Christ, comme une mer qui dévofe un rivage, Recommence à ravir la terre à l'esclavage. L'homme de la science a redoublé d'efforts Afin que sa loi sainte en tous lieux se propage. La vapeur frémissante a reconnu le mors ; On se rit de l'espace ainsi que de l'orage.
ou A.NATHK.ME KT (J.OIKK 161
Hientôt sur tous les points le saint Verbe aura lui ,
Et les peuples dans l'allégresse
Verront s'accomplir la promesse Qu'il sera tout eu tous , et tous seront eu lui.
Qu'il ait ou non sauvé la France, Anatliéme à celui qui ferma de sa main
La source de; l'intelligence
Pour en sevrer le genre humain ; A celui qui , posté sur la route des âges , Aux temps rénovateurs fit rebrousser chemin, Parce qu'il avait vu leur menaçant lointain A d'autres dieux que lui présenter des hommages. Qu'en cercle rassemblés autour de son néant, Tant de jours avortés maudissent sa mémoire!
DEUXIÈME VOIX
Qu'il dorme environné de l'inimcnse Océan, Vaste symbole de sa gloire !
IGi SAIISTE-llÉLÉMi, OU A^ATHÈWE ET GLOIRE.
Ainsi de ces deux voix tonnant entre deux mondes , Les peuples indécis entendront les combats
Tant que dans ces lointains climats Les vents aux vents, et les ondes aux ondes, S'opposeront avec fracas.