‹ Poésies (volume 5)Chapitre 31 sur 63 · SOUVENIRS D'ENFANCE · texte numérisé non relu

SOUVENIRS D'ENFANCE

Jours naïfs, plaisirs purs, emportes par le temps,

Ainsi que le parfum des fleurs par les autans.

Quand notre bon curé , d*un doigt glacé par l'âge.

Me caressait la joue et me disait : Sois sage !

Quand mes pieuses mains, aux prières du soir, ^

Pour ranimer ses feux balançaient l'encensoir;

Alors que , réveillé bien avant la lumière ,

Pour mon premier voyage , à travers la portière ,

Surpris, je contemplais dans l'orient lointain,

Pour la première fois trois heures du matin !

Quand, pour trouver des nids fouillant dans ses bocages,

Le Vistre me voyait explorer ses rivages

Et dans ses fraîches eaux trompant l'ardent midi

Goûter tous les plaisirs du vagabond jeudi,

Jour alors le plus beau de toute la semaine.

Où l'écolier se voit affranchi de sa chaîne : \

Ni sombre magister qui le fasse pâlir; |(

Ni de ces beaux habits que l'on craint de salir, j

Qui me rendaient des jours de fête et de dimanche,

Quand j'en étais paré , l'allégresse moins franche.

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