SOUVENIRS D'ENFANCE. IC
Mais d'où vient que ces temps que j'évoque aujourd'hui
Pour pouvoir arracher mon ame h son ennui ,
La ramènent encore à sa tristesse amère?
Iléias! c'est que bientôt je vis pleurer ma mère?
Mon père s'en alla par ce mal triste et lent
Qui fait voir chaque jour le soleil moins brillant.
Qui fait passer des nuits aux longues insomnies,
Qui , pour un seul trépas donnant vingt agonies.
Enlève fil à fil la trame de nos jours,
Où l'art ne peut donner que d'impuissans secours.
Que de fois, loin du lit où gisait sa souffrance.
Ma mère avec des yeux qui cherchaient l'espérance,
A. dit au médecin qui nous donnait ses soins :
Ne le trouvez-vous pas mieux qu'hier? — Beaucoup moins.
Et ses yeux se mouillaient de larmes, et les miennes
Se mettaient à couler voyant couler les siennes î
Puis elle me disait : Pourquoi gémir ainsi ?
Enfant, de jour en jour tu deviens pâle aussi.
Bientôt dans la maison nous aurons deux malades;
Va te distraire avec tes jeunes camarades.