‹ Poésies (volume 5)Chapitre 61 sur 63 · LA NACELLE · texte numérisé non relu

LA NACELLE

Sans doute sur un lit de roses , Fatigué de divins plaisirs , Ange des amours, tu reposes, Bercé du souffle des zéphirs

Ohî viens aborder dans notre île!

Les ombrages y sont si doux...

Mais, voyez, à nos vœux docile, Gomme il se dirige vers nous !

Tressez des guirlandes légères.

Parez votre front ingénu ; Mortel ou dieu, jeunes bergères.

Qu'il soit ici le bienvenu !

Mais d'effroi mon ame est glacée....

Ciel I à mon œil épouvanté Dans une barque fracassée S'offre un jeune homme ensanglanté.

LA NAC£LLE. 319

H Creusez mon réduit funéraire, « Faites cette aumône à mon deuil, «Dit-il, j'ai reçu le salaire (( Que le ciel réserve à l'orgueil.

« Un pirate au regard avide, (( Attiré par mon riche éclat, (( M'a criblé d'un plomb homicide, « Et laissé dans ce triste état.

a Adieu, mes amis...., soyez sages; c( Je meurs; profitez de mon sort, « Et pour faire d'heureux voyages, « N'arborez point pavillon fl'or. »

A M. COLIN

A PROPOS d'i'NE ËBAUGHC Dli DEl'X TÈTES DE BOHÉMIENNES.

— Mimes, 1833. —

21 MX. Colin.

La poésie en est dégoûtante, mais forte :

Un terrain semé d'os, une eau gluante et morte

Que le soleil corrompt et ne peut dessécher;

Voisin de l'abattoir et de la grande route.

Ce lieu ' n'a qu'un gazon misérable et que broute

Le reste d'un troupeau, conduit par un boucher.

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