‹ Poésies (volume 5)Chapitre 62 sur 63 · Le Gadereau, bivouac ordinaire des Bohémiens à Nrmes · texte numérisé non relu

Le Gadereau, bivouac ordinaire des Bohémiens à Nrmes

324 A M. COLIN

L*olivier maladif, à ses branches chétives, N*y montre, en la saison, que de rares olives, Et si maigres que l'œil souffre à les regarder; Son tronc se rabougrit, à la poussière en proie , Gomme l'enfant trouvé que Manchester envoie Vieillir avant le temps dans l'usine à carder.

Là, sous l'arche d'un pont par ses feux calcinée,

Vit des Bohémiens la tribu basanée,

Péle-méle avec l'âne aux flancs secs et velus.

Des femmes aux cheveux crépus, aux mains suspectes,

Dépècent des quartiers de charognes infectes

Que les chiens ont flairés et qu'ils n'ont pas voulus.

Là j'ai vu s'accroupir tes deux vieilles sorcières, Et lu sur leurs fronts noirs, dans leurs fauves paupières, Le drame que l'enfer a joué dans leur cœur : Feux lubriques soufflés sur la vierge novice; Nouveau-né que l'on sèvre avec un maléfice. Et qui, dans quelques jours, se décolore et meurt.

A M. COLIN

Cimetières fouillés, chevelure coupée De la tôle de ceux qui sont morts par l'épée; Sucs pour avortemcns; motsefsignes pervers Qui, dans le plus riant et plus gras pâturage, Tandis que le pasteur repose sous l'ombrage, Font tomber la brebis et la couvrent de vers.

Oh I c'est sublime et vrai ! cette rapide ébauche Mieux qu'un tableau fini de la nature approche. Sous ces deux types-là tout entier tu ressors, Race à faim de vautour, à l'instinct de chouette, Que nul ciel ne captive et que nul sol n'arrête. Qui vis de la voirie et qui jettes des sorts.

A TOUS ŒU\ QUI M'OÎJT ADBESSÉ DES VERS.

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