AD CHRIST
Le front environné des ronces du chemin ,
Et portant comme un sceptre un roseau dans ta main,
Sous l'arche du prétoire elle te fait paraître ,
Croyant que la pitié te sauvera peut-être ;
Mais le peuple cruel devant toi rassemblé
Une seconde fois s'est écrié : Toile !
Oh! les Juifs , les auteurs de ces premiers blasphèmes, N'ayant vu qu'un rayon de tes bontés suprêmes Et du monde sauvé n'étant pas les témoins , toent moins criminels en te connaissant moins ; Mais nous à qui ton céuvre en plein s'est fait connaître. Esclaves afiFranchis , nous tuons notre maître ! Et, loin. d'en ressentir le plus chétif remords, On^ frappé du pied la tombe des dieux morts , Afin que, réveillés, leur fétide poussière Vînt usurper ta place , ô vivante lumière I Hais de ces dieux tombés les réduits ténébreux Ne nous ont renvoyé qu'un son funèbre et creux Biçn plus désespérant que l'absolu silence , Et le trône des cieux est encore en vacance.
Toi seul pour l'occuper apparais assez grand.... Tu montes , au milieu d'un peuple indifférent , Au haut du Golgotha !... Pleurante sur ta trace , Nulle femme ne vient pour t'essuyer la face ; Nul Simon, t^ voyant accablé sous ta croix.