‹ PoésiesChapitre 16 sur 75 · AH. SI6AL0N · texte numérisé non relu

AH. SI6AL0N

Ah! loin d'humilier la venye en sacelltftd

Par rignoble dédain du sourire incrédule,

Des lèvres de Ferney plagiat odieux,

Qu*un saint enthousiasme en ses murs faocompagne;

Souviens-toi que la foi transporte la montagne ;

Ton pinceau sera grand si ton cœur est pieux.

L'esprit de Michel-Ang€ , en ses rêves sublimes , Avait avec le Christ des entretiens intimes; Des encensoirs du ciel il respirait Tencens ; Sion lui dévoilait ses mystiques annales , Et son œil contemplait ces beautés virginales Qui ravissent le cœur sans effieiirer les sens ,

Et les fronts recueillis des quatre grands prophêtet^ Qui sentaient Tayeri/ir s'agiter dans leurs têtes ; Moïse palpitant des divines faveurs , Celui qui vient de voir Jéhovah face à face ; La nue autour de lui tonne encor la menace , Et les éclairs pressés y croisent leurs lueurs ;

Et les martyrs portant des palmes immortelles , Le chérubin qui flotte en se croisant les ailes Dans les brillants lointains des séjours fortunés. Et les cercles sans fin des myriades d'anges , Et l'enfer et sa nuit et ses flammes étranges Où i comme des boas, se tordent les damnés.

X M. SIGALOlf . M

Car son regard croyant évoqua la prêsèfibè Du jour du châtiment et de la récômpônsô :

Le Sauveur devient juge et le remords est vain.; Et des sons effrayants dans Tair se font entendre; Et les morts, étonnés du réveil de leur cenrdrô , Montent comme aspirés par un souffle divin.

Etcomme un tigre ardent, dans sa sanglante joie , Rugit entre ses dents, qui cramponnent sa proie , En voyant arriver ses nouveaux habitants , Innombrables moissons que prépara le crime , Du rire des démons s'épanouit Fabtme....

L'éternité reçoit les derniers flots du temps.

Ohl si ces grands aspects par toi doivent revivre, Aux mamelles du ciel il faut que tu f enivre. Tu f es souvent moqué des risibles efforts De ceux qui, dans la foi tuant la poésie , Voulaient qu'elle se tint debout comme la vie Quand leur scalpel avait travaillé sur son corps.

Mais peut-être il est temps de m'imposer silence : L'instant de ton départ inflexible s'avance:

Oh! rien ne bornerait la causeuse amitié Qui veut faire passer son âme en ses paroles... J'entends au haut du mât frémir les banderoles , Et de Tanneau du port le câble est délié ;

51 A M. 8IQAL0N.

Et le zéphyr plus vif dans ta vdile se joue , Et les baisers d'adieu se pressent sur ta joue. .. Porte aux flots inconstants un généreux déQ ; Demeure indifférent sur le calme et Forage :

Tout , jusqu'à la tempête, entre dans ton voyage. Tu sais comment Yemet la mettait à profit \

1 Vemet peignit une tempête , attaché à la proue d'un Tai: seau

A Ulf EXIIiBi

-• 19 leptembre I88S. —

Ub grand def tin eomaciiea, nn grand desdn t'achève

CosmiLUi

Ta jeune royauté prend la robe virile ; Et le temps qui viendra ne sera pas stérile.

L*enfant d'hier, fait homme, aujourd'hui peut oser, Et faire devant Dieu promesse solennelle De commencer pour nous une veille étemelle.

Le chef d'un grand empire est une sentinelle Que la mort seulement doit faire reposer.

Carie trône n'est plus, sur la terre française. Une couche 6ù l'on peut mieux dormir à sonaise. Où l'homme le plus fort trop souvent s'amollit.

54 A UN BXiLii.

Si le ciel yeut^qu'un jour ton sceptre nous régisse. Le premier enseignant Tesprit de sacrifice, U te Gaudra debout dispenser la justice; Le prétoire royal ne peut plus être un lit.

Il te faudra surtout , par tes propres mérites.

Refaire un Saint-des-Saints aux majestés proscrites.

Leur voile profané n'est plus qu'un vil lambeau ;

Sur le velours royal le mendiant se rue ;

Lia couronne est traînée au ruisseau de la rue ;

Et la dérision, à la fête accourue ,

Endosse de cent roid le glorieux manteau.

Tu viendras, pour la voir de l'honneur retrempée, De la nuit du fourreau délivrer notre épée Qui n'en sort qu'à la voix d'un lord de la cité. Nos Turcarets, couverts de pourpre et de dorures, Au timon de l'État portent leurs mains impures. Et la France sous eux a subi tant d'injures Qu'à son îront glorieux le rouge en est monté.

Que par toi, s'embrassant d'une sincère étreinte.

L'autorité rigide et la liberté sainte

Aillent comme deux sœurs en se donnant la main.

Du Saiil populaire apaisant les vertiges.

Si tu veux au pouvoir rendre tous ses prestiges,

Il te faudra marcher de prodige en prodiges

Et ne jamais faillir dans ce brillant chemin.

A UN BXILÉ. 55

iielqae chose de grand se couve dans le monde :

faut, ô jeune roi , que ton âme y réponde ;

es temps sont en travail pour des jours plus heureux,

e siècle est dévoré d'incurables ulcères :

u n'épouseras point ses honteuses misères,

it, de tous ses tombeaux recueillant les poussières ,

'nn'en bâtiras pas un palais ténébreux.

ousles pieds de Terreur la terre se dérobe ;

run pénible sommeil se réveille le globe ;

)q reconnaît partout la main de Jéhovab.

)es Ues de la mer, jadis silencieuses,

Lnx nautoniers perdus sur ses eaux spacieuses

^anfait entendre encor des voix mystérieuses

îui lamentent ces mots : «Un vieux inonde s'en va! »

L'Inde voit son autel miné paf TAngleterre ; Les pointes du Croissant se déclarent la guerre, Et s'acharnent ainsi que deux becs de vautours ; Luther, à l'infini divisaht son domaine, N'a pas pu féconder la raison souveraine ; Le problème a lassé Tintelligence humaine, Et Babel désespère et renverse ses tours.

Chaque journée enfante et dévore un système ; L'impiété commence à se dire anathème ; La foi d'un souffle impur a sauvé son flambeau ; Brisant son front d'airain contre nos cathédrales ,

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