‹ PoésiesChapitre 26 sur 75 · LA LAUPB DE NUIT · texte numérisé non relu

LA LAUPB DE NUIT

Ces organes si prompts par qui Tâme est servie, Et si bien en accord dans Fhymne de la vie , Tout cela ne sera qu'un avorton du temps Que la mort doit reprendre après quelques instants! Tout cela ne sera que des lambeaux putrides , £t puis des vers , et puis des ossements arides Que peut-être en sifflant, un jour, le fossoyeur. De la faim du tombeau robuste pourvoyeur.

Doit briser en creusant une fosse nouvelle , Ou, par un temps humide, en nettoyer sa pelle ; Puis, réduits en poussière, enfin se résumer Par ce je ne sais quoi qu'on ne saurait nommer, Qui s'abîme , se perd au sein de la matière , Dans ce globe qui n'est qu'un plus grand cimetière , Où le pied en marchant ne peut être appuyé Sans fouler une part du gpnre humain broyé , Où l'on ne peut marquer un pouce de surface Dont la mort mille fois n'ait déjà pris la place !

Et quand on pense encor qu en ce moment si court, L'essaim des passions et des douleurs accojirt^ Et s'acharne sur. nous, dans sa barbare joie, Comme plusieurs vautours sur une npéme proie ; Que le ver de l'ennui ne sommeille jamais , Que l'on sent le dégoût caché sous tous les mets ,

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