‹ PoésiesChapitre 29 sur 75 · ON SOIR D'HIVER · texte numérisé non relu

ON SOIR D'HIVER

Et que Ton voit pourtant des lustres des soirées - Les fenêtres en feu changer la nuit en jour, Et de jeunes beautés élégamment parées L'ombre voluptueuse y passer tour à tour ;

Que l'on entend rouler l'opulente voiture Qui fait briller l'éclat de son double fanal , Gomme sur un sem nu les yeux de la luxure Lorsque le bal s'échauffe et fait quitter le schall ;

Que le théâtre, au loin, i pleine isralerie , Gomme l'intempérance après les grands festins, Dégorge par un drame une foule attendrie De puissants usuriers et de riches catins.

Alors du coBiur saignant l-indignation folle Comme remède encor prescrirait te poison , Et ne sait si la pique avec la carma^^nole Dans son rêve sanglant avait tort ou raison.

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a m. (ti)arU0 llûittr,

^a^ se c/ea4eJ c^ c^^a^^.

-AoAlftti.-

qui, sans tou<^er la main à Belzébut ,

ionde des esprits fais payer le tribut ,

eux Merlin, qui Yois sous tes cercles magiques

6 d'autres fleurs dans les champs poétiques ,

[guette se lève, et, prompt comme Téclair,

tin gourmande crie et passe dans Vair ;

Iphe, éblouissant d'iris et de topaze ,

mïr le doux bruit de ses ailes de gaze ,

tte dans Téther comme la bulle d'eau

létache Tenfant du bout du chalumeau ,

me et rêve des yeux , baleine , météore

a rayon de soleil illumine et dévore.

le puis-je, ô Nodier , monté sur ton griffon ,

4ft

fis A IL CHARLES KODIER.

Voir du ciel avec toi les abtmes sans fond , Et descendre à mon gré sur ce pic solitaire , Étemel casse-cou des enfants de la terre , Où , dans un ch&teau fort aux murs de diamants, La gloire s'abandonne i nos embrassements !

Mais, comme un voyageur au front des pyramides Grave parfois le nom de ses amis timides , Ta généreuse main au roc voisin des cieux Daigna mêler mon nom à des noms glorieux.

De mon silence ingrat calmant l'inquiétude , Je viens t'en témoigner enfin ma gratitude.

Mais la saison pour moi semble avoir desséché La source aux flots divins d'où l'art est épanché : Tourmentant de mes nuits la stérile insomnie , Je n'ai pu rencontrer que Jia p&le harmonie Du vers lâche et coulé dans le moule vieilli Dont le classique A.... Stait enoi^eilli.

Oh ! que les longs étés sont monotones, tristes, Et que leur ennui pèse à l'àme des artistes ! Le démon poétique est en vain évoqué Quand , doublant la chaleur dont on est sufipqué , De son haleine flasque effleurant le visage , Le vent d'Alger sur nous n'apporte aucun nuage , Quand le chien essoufflé cherche le corridor Et sur son pavé froid tombe , s'allonge et dort. Quand de nos boulevards le ciel chauffant la dalle, Sur leurs ormeaux poudreux fait crieç la cigale ,

A V. CBARLBg NODIEA. i»

Qui semble accompagner de son chant ennuyeui Us flammes du soleil qui dansent à nos yeux.

Luise et tonne bientôt la Tapeur salutaire ^ Torage qui doit désaltérer la terre , ^ liquides saphirs affaisser les rameaux ^t faire secouer les ailes des oiseaux , Reverdir les festons des touffes de liane iui pendent aux arceaux du temple de Diane « baoger le cirque aride en un riant jardm , t vers rherbe poussant aux fentes du gradin u conciei^e conunis & Timmense ruine amener le bélier & la cloche ai^ntine , ni, frappant Tair plus frais de son doux béiemeni, éveille seul Fédio du vaste monument , ié&tre ensanglanté .des voluptés de Rome, rhonune s^égoi^eait pour le plaisir de rbonuiie , s*amassaieDt les flots de ce peuple géant , reils dans leur murmure à ceux de TOcéan i irs rimage forte et Timage naïve X intimes labeurs rendent mon âme active, itôt c'est le matin, sous un nuage noir, i semble nous couvrir des mystères du soir ; . tantôt c'est le soir dont les clartés soudaines lulent le matin et blanchissent nos plaines ; r, après tant de jours d'un soleil ennuyeux, s teintes d'un orage émerveillent les yeux.

is du ciel, embrasé d'ardentes étincelles,

m A H. CHAM.B8 HOMBft.

Jiamu8elial0tant8, en déployant ses ail^, Tombe oomme Toiseau que le plomb a blesse Ou comme un oerf-YoIant dont le 81 s'est cassé , Et, tristement réduite aux terrestres demeures, Odalisque oubliée, elle passe ses beures Attendant que, porté sur la fraîcheur du soir, L'esprit harmonieux lui jette te mouchoir.

Et , pour lui rendre encor l'image plus flatteuse , Elle est comme la nef A la foi courageuse Qui, paitant de nos bords, au bruit de son canon, Pour conquérir un monde et lui donner son nom , Au point le plus brAlant de la mer Pacifique Sent arrêter soudain son élan héroïque , Voit le long de ses m&ts tombnr ses pavillons , L*atmosphére sans souSle et la mer sans sillons , Et , dormant tristement sur ses eaux asso«Epies Ainsi qu*un poisson mort sur des dndes croupies. Impatiente , attend que le vent revenu La pousse, s'il se peut, au rivage inconnu.

Oh ! si bientét, plus frais, le réveil du zéphyre. Arrondissant ma voile, ébranle mon navire.

Creuse de l'océan Timmobile miroir Et ravive en mon â,me un poétique espoir.

Si je puis saluer quelque lie fortunée , Si l'on voit de ses fleurs ma poupe couronnée , De retour dans le port, d'un doigt reconnaissant, Je les détacherai pour t'en faire présent.

LIS DtOX. POCTtS,

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