BU
En vain de ma lugubre voie
Tu voudrais me faire sortir. '
Tu veux que je chante la joie , ^ue mes vers désormais aient Téclat du plaisir : ^es larmes malgré moi mouilleraient mon sourire ,
Et d'involontaires douleurs S'échapperaient des cordes de ma lyre ;
Mon génie est né de mes pleurs:
Vois-tu l'arbre mélancolique
Pencher sur Fivtesse bachique
La tristesse de ses rameaux ,
Le pampre, aux bords d*une eau dormante,
lit LES DSDX FOBTK
Unir sa tige caressante A robélisque des tombeaux?
Un génie àPaile dorée Toujours sur ta tète adorée Suspendit ses festons de fleurs.
On dit qu^il berçait ton enfance , Et que le jour de ta naissance Fut sans maternelles douleurs.
De tes palmes jeunes encore Jamais un sou£De qui dévore N'a fait exhaler des soupirs ; Toutes tes aurores sont belles , Toutes tes amitiés fidèles ; Les destins sont dans tes désirs.
Aimable enfant de Tharmonie .
Tu vois des ailes au génie Et tu n*en vois pas à TAmour ; Et ton avenir se présente Ainsi qu'une fête brillante Où tu dois assister un jour.
Laisse de ton joyeux navire , Laisse le soufiQe du zéphyre Arrondir la voile d'azur , La sylphide voluptueuse
LIS hWX FOBTKS. 4t7
ni vre ta course harmonieuse ir les eaux du lao oalme et pur.
is-nous, ami, dis-nous la joie, i grâce qu'une Hébé cTëploie ms la fraîcheur de son matin , panchant de Turne dorée ivresse en cascade empourprée ux Anacréons d'un festin ;
u les colombes de Gythëre 'élançant du bois solitaire t parcourant Fazur des cieux , riUantes sibylles des belles , e semant sous leurs blanches ailes lue des présages amoureux.
[ais, sans appui dans ma détresse, [oi que le dieu qui te caresse . mis au rang de ses martyrs , Test Finfortune qui m'enflamme ; [a lyre est l'écho de mon âme , )t ses accents sont des soupirs.
>ans le sombre ennui qui m'oppresse , 'ai trouvé les diants d'allégresse loms doux que les hymnes de deuil ; ^t, dans leur rigueur infinie.
Mes maux , reyétus d*hannonie , Sont presque doux & mon orgueil
Taime ces décombres antiques
Où des fantômes héroïques ,
La nuit , errent silencieux ,
Où le passé se fait entendre
De ces tombeaux veufs de leur cendre ,
De ces temples veufs (le leurs dieux.
Il me faut des cieux noirs d*orages , Des flots troublés et sans rivages , , Un esquif haï par le sort Et dont la poupe mutilée , Toujours d'un lo&g crêpe voilée , Vogue sans cesse vers la mort.
Ah ! s'il est vrai que le poëte Souvent, dans sa terreur secrète.
Lorsque tout voit le ciel serein , Sous rhorizon courbant sa vue , Sait la catastrophe imprévue Qui voilera le lendemain ,
Je le sens et n'ose le croire.
Si le fantôme de la gloire M'invite un jour à son autel, C'est des foudres de la tempête Qu'elle allumera sur ma tête Le rayon qui reijd immortel.