‹ PoésiesChapitre 30 sur 75 · BU · texte numérisé non relu

BU

En vain de ma lugubre voie

Tu voudrais me faire sortir. '

Tu veux que je chante la joie , ^ue mes vers désormais aient Téclat du plaisir : ^es larmes malgré moi mouilleraient mon sourire ,

Et d'involontaires douleurs S'échapperaient des cordes de ma lyre ;

Mon génie est né de mes pleurs:

Vois-tu l'arbre mélancolique

Pencher sur Fivtesse bachique

La tristesse de ses rameaux ,

Le pampre, aux bords d*une eau dormante,

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Unir sa tige caressante A robélisque des tombeaux?

Un génie àPaile dorée Toujours sur ta tète adorée Suspendit ses festons de fleurs.

On dit qu^il berçait ton enfance , Et que le jour de ta naissance Fut sans maternelles douleurs.

De tes palmes jeunes encore Jamais un sou£De qui dévore N'a fait exhaler des soupirs ; Toutes tes aurores sont belles , Toutes tes amitiés fidèles ; Les destins sont dans tes désirs.

Aimable enfant de Tharmonie .

Tu vois des ailes au génie Et tu n*en vois pas à TAmour ; Et ton avenir se présente Ainsi qu'une fête brillante Où tu dois assister un jour.

Laisse de ton joyeux navire , Laisse le soufiQe du zéphyre Arrondir la voile d'azur , La sylphide voluptueuse

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ni vre ta course harmonieuse ir les eaux du lao oalme et pur.

is-nous, ami, dis-nous la joie, i grâce qu'une Hébé cTëploie ms la fraîcheur de son matin , panchant de Turne dorée ivresse en cascade empourprée ux Anacréons d'un festin ;

u les colombes de Gythëre 'élançant du bois solitaire t parcourant Fazur des cieux , riUantes sibylles des belles , e semant sous leurs blanches ailes lue des présages amoureux.

[ais, sans appui dans ma détresse, [oi que le dieu qui te caresse . mis au rang de ses martyrs , Test Finfortune qui m'enflamme ; [a lyre est l'écho de mon âme , )t ses accents sont des soupirs.

>ans le sombre ennui qui m'oppresse , 'ai trouvé les diants d'allégresse loms doux que les hymnes de deuil ; ^t, dans leur rigueur infinie.

Mes maux , reyétus d*hannonie , Sont presque doux & mon orgueil

Taime ces décombres antiques

Où des fantômes héroïques ,

La nuit , errent silencieux ,

Où le passé se fait entendre

De ces tombeaux veufs de leur cendre ,

De ces temples veufs (le leurs dieux.

Il me faut des cieux noirs d*orages , Des flots troublés et sans rivages , , Un esquif haï par le sort Et dont la poupe mutilée , Toujours d'un lo&g crêpe voilée , Vogue sans cesse vers la mort.

Ah ! s'il est vrai que le poëte Souvent, dans sa terreur secrète.

Lorsque tout voit le ciel serein , Sous rhorizon courbant sa vue , Sait la catastrophe imprévue Qui voilera le lendemain ,

Je le sens et n'ose le croire.

Si le fantôme de la gloire M'invite un jour à son autel, C'est des foudres de la tempête Qu'elle allumera sur ma tête Le rayon qui reijd immortel.

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