LA SOMNAMBULE
— Mai 1889. —
/Voyez à travers le feuillage :
^ elle. . . Mais au moins ne la réveillez pas î
Vous lui donneriez le trépas, ^mme la lune éclaire son visage !
^iiiine ses beaux cheveux flottent au gré du vent l
De son sein TaMtre mouvant '^nte et descend , pareil à la vague marine ; La harpe est entre ses genoux.
On dit que sa voix est divine ; Elle va chanter : taisons-nous.
« nuit 1 épanche ta rosée f lion front se courbe de langueur ; Je suis semblable à cette fleur Q^Q dans un jour brûlant on n'a pas arrosée»
ISO LA MMniAMBmJS.
a Soulageonsh-noiis des contraintes du jour , Que mon cœur enfin se révèle ; Zéphyr, que le bruit de ton aile.
Soit un frémissement d*amour !
cr Dis-moi ce qu'un amant i celle qu'il adore Peut dire de plus doux, de plus délicieux ; Étreins-moi mollement... Je soupire : tu peux Calmer le mal qui me dévore*
Ma bouche s'ouvre à ton soufQ(i charmant ; Je te livre ma chevelure, Les tissus de mon vêtement , Le nœud qui rejtient ma cemture;
Je te livre »
<f L'aveu demeure inachevé ; La nocturne beauté ne dit pius auire chose.
Sur l'instrument muet sa tôte se repose ; De mouvements plus prompts son sein est soulevé , L'on entend s'agiter ses deux lèvres de rose... Mais on n'a pu savoir ce qu*elle avait rêvé.
SB VBixims.
Ha vie était semblable au lac tranquille et pur Qui reflète du jour le nuag^ et Fazur,
Les astres dont la nuit scintille :
Et je ne sais sur moi quelle haleine a souflQé , Hais dans ses profondeurs tout mon être est troublé.
Rends-moi mon Ame, jeune fille !
Ha lèvre sonnait des larmesddes amours ; démarchais le front haut , comme Ton a toujours
Marché dans ma pauvre famille ; £t maintenant mon œil est humide et rêveur, Ha tête tristement se penche sur mon cœur.
Rends-moi mon âme Jeune fille !
481 LB PHILTRB.
Lorsque dans nos jardins tu Rassieds sur un banc* Soudain je te devine au bout de ton ruban
Qui flotte à travers lax^harmille ; ' Et mes amis alors me disent : a Étourdi !
4 Tu ne réponds jamais à ce que l'on te dit. »
Rends-moi mon âme, jeune fille !
Cest qu'alors mon esprit voltige autour de toi , Que je voudrais en vain le rappeler à moi :
Il baise ta bouche gentille, Se joue avec la brise entre tes beaux cheveux , Et s'enivre et s'oublie aux rayons de tes yeux.
Rends-moi mon &me, jeune fille !
Astre consolateur de vùssà sombres ennuis, Ton image charmante illumine mes nuits
Du doux éclat dont eQe brille ; Mais le réveil me voit, triste et dépossédé, Pleurer comme im enfant, sur mon litaocoudé.
Rends-moi mon âme, jeune inte!
Car quelle bouche d'or raconterait mon rêve, Quand le nuage ami dans les airs nous enlève , Quand, mollement couché sur ce lit de vapeurs Que nuancent du jour les mobiles couleurs^ Ton corps, que voile à peine une légère gaze ^
U PHILTRB. IB
, mes yeux et me tient en extase?
r étonné de si rares trésors,
3ur se soupçonne ; et je me dis alors :
lité c'est bien là le domaine ;
[)as, cette fois, une apparence vaine
}]3t mon sommeil d'un prest^ charmA&t. »
a je ne sais quel yague sentiment
ision ; je crains en ma pensée
lant le fil d*or où mon &me est herobe^
t réveil, venant à me saisir,
le tomber du ciel de mon désir,
doux fantôme à mes veux se dérobe
. sylpbe léger aux approches de Taube...
PRonnnrADB sur mmi,
Voilà que Tonde amère a calmé son transport :
Détachons la nacelle et voguons loin du port ,
mon ange I & nous deux , nous pouvons nous suffire