Livre ta chevelure au souffle de zéphyre
Àh ! lorsque sur ïes miens se Axeront tes yeux,
Je ne veux pour témoins que les flots et les cieux ;
Lorsque ta douce voix ravira retendue,
Que de moi seulement elle soit entendue !
Tu sais dans quel délire et quelle anxiété
Tes charmes enivrants quelquefois m'ont jeté,
Combien mon cœur ressent de jalouses atteintes ;
Mais je sens, sur la mer, s'évanouir mes craintes
Avec ce bord où j'ai laissé tous mes rivaux ,
Et oui semble en fuyant s'abtmer sous les eaux.
FROMENADB SUR MIR,* <$5
Pour mieux te dérober au reste de la terre, Que n'ai-je en mon pouvoir une tle solitaire ! Ses bocages, pour nous plus verts et plus épais, Doubleraient le mystère et Fombrage et le frais ; Les roses au zéphyr, avec plus de délices.
Livreraient le parfum de plus brillants calices . Là serait ce bonheur que nous cherchons en vain , Chaque feuille agitée aurait un bruit divin ; Là , dans un même élan nos deux âmes unies,' Exhaleraient au ciet les métnes harmonies , Comme sur le gazon deux limpides ruisseaux Confondent leur murmure en mariant leurs eaux ; Là , le bras appuyé sur tes blanches épaules. Je te révélerais les suaves paroles Que, pour me consoler, en des rêves heureux A dit à mon oreille un esprit généreux.
Ainsi de ÎK)tre vie, en ce secret asile»
Le cours s'achèverait transparent et tranquille ; Dans le sein du bonheur nous nous verrions vieillir ; La mort même, la mort ne viendrait nous cueillir Que comme un fruit mûri dans la saison d'automne, Non pas dans l'appareil que la terreur lui donne. Mais calme, et revêtant la fraîche majesté ' De la nuit qui descend sur un beau jour d'été.
Mais je pa,rle du ciel , et la terre m'appelle : Les tours de la cité sonnent l'heure cruelle
fSO PMMUINADB SUR MIA.
OÙ ton père inflexible a fixé ton retour.
Ah ! quand le Temps se sert des ailes de T Amour, Sur les pauvres hnmains ocHEnme il passe rapide ! Déjà Tesquif par toi se détourne , et me guide Vers ces murs dont le bruit commence à me saisir Et qiie j^avais laissés avec tant de plaisir. Pourquoi , pourquoi le ciel te créa-t-il si beUe 7 Ainsi qu*aux temps passés si quelque bonne Urgèli Accomplissait les vœux en amour, oh ! mon bien Serait que ton regard ne cfaarmftt que le mien . . . Avant de me quitter, que ta bouche m*assure Par tout ce qui déteste ou punit le parjure.
Par le ciel etTenfer, par les sylphes charmants Qui font joindre, le soir, les lèvres des amants. Par le poignard caché sous le manteau farouche , Qui va d'une infidèle ensanglanter ta couche , Que jamais. . . Mais ces mots outragent ; je maudis Cette crainte infernale au sein du paradis !
Ah ! le jaloux amour s*accable de luir-mème. . . Mais, je le vois, tu prends en pitié mon blasphème. Ton sourire me dit que tu sais pardonner.
A cet heureux eq[>oir j*aime 4 m*abandonner.
Adi^u. . . Bfeiis à dem»n ; songe, mabien-aimée. Que ma barque VMmA & Theure accoutumée.
ELLE EST lALADB.
- Pourquoi mouiller de pleurs le chevet de ton lit? Si ton regard s'éteint, si ta voix s'afffidblit.
Si ta lèvre se décolore , ^oa ange , ne crains pas, de son charme vainqueur, Qu'une autre pût jamais t'effacer de mon cœur :
C'est par T&me que je t'adore.
^^ j^xnais {que ce jour se tienne loin encor ! ) Si» ï^epliant ton cou sous l'aile de la mort,
lu t'endormais , ô ma colombe , I^e t^alcon en balcon je n'irais pas, le soir