‹ PoésiesChapitre 6 sur 75 · DANS L'OBSCURITÉ · texte numérisé non relu

DANS L'OBSCURITÉ

Descendent sur des fronts qui n*ont, dans Finsomnie, Qu'une pierre pour oreiller !

HoiHQuéme, plein des biens dont Fopulence abonde.

Que j'échangerais volontiers Cet or dont la fortune avec dédain m'inonde Pour une heure du temps où je n'avais au monde

Que ma vigne et que mes figuiers ;

Pour ces songes divins qui chantaient dans mon &me,

Et que nul or ne peut payer; Pendant que le soleil baissait , et que la flamme Que ma mère allumait ainsi qu'une humble femme

Éclairait son étroit foyer ,

Et qu'assis autour d'elle à la table de hêtre

Que nous préparait son amour, Nous rendions grftce à Dieu de ce repas champêtre Riche des simples fruits que le champ faisait naître

Et d'un pain qui suffit au jour!

lt»P01«$B

a sa. sa :{i^:ffi^ii&v3i9a»

Mon nom, qu*a prononcé ton généreux délire, Dans la tombe avec moi ne peut être emporté ; Car toute chose obscure , en passant par ta lyre , Se revêt d'immortalité.

S'il est vrai que ma muse en plus d'une mémoire Ait laissé des accords et des pens^rs touchants , Chantre ami , qu'à toi seul en retourne la gloire I Mes chants naauirent de tes chants.

(Test toi qui, fiusant nattre en mon &me i«vié Cet espoir de laisser un noble souvenir , Me fais sacrifier , chaque jour de ma vie , Sur les autels de Tavenir.

C'est toi qui fus pour moi cet ange de lumière Qui se laisse tomber du haut du firmament , Et qui sur le palais comme sur la chaumière Se repose indifféremment.

Tu t'abattis vess moi : des sphères immortelles lu me vantas rôclat, les chœurs mystérimix; Et soudain comme toi ie secouai mes aiiôs; Et nous partîmes pour les cieux !

Quelle extase mconnoe a subjugué mon étrel Quel jour éblouissant mes yeux ont vu pamttre!

Et quel concert ai-je entendu !

Dans ces ravisëements mon àme s*évapore> Et je voulais franchir quelques mondeâ encore

Sans toi je m*y serais perdu I

Mais tu m'as dit : a Voilà Tinflexible barrière ; «Tu vas voir s'éclipser nos songes de lumière.

a Descendons : les ordres divins «Veulent que ce bonheur, ces clartés sans mélange» «Passent rapidement, pour que l'homme de l'ange

a N'envahisse pas les destins

s RÉPONSB A M. OE LAMABTINB.

« Attendons que le temps ait achevé sa course , « Que la mort & Tesprit abandonne la source

a De cette pure volupté , a Que des jours éternels Tastre éternel se lève ; « Alors, la terre alors ne sera que le rêve ,

a £t le ciel la réalité. »

Et quand tu me rendis aux terrestres domaines , Je sentis s'allumer une fièvre en mes veines

Dont rien n'a pu calmer Fardeur , Si ce n'est une lyre entre mes mains vibrante Et faisant apparattre une image enivrante

De tout ce qu'éprouva mon cœur.

Rayons dont s'inonda mon avide paupière ,

Et comment, replongé dans cette ombre grossière.

Comment ne pas vous exalter?

Ineffables* accords des célestes génies , Comment, ea retrouvant d'humaines harmomes.

Comment ne pas vous répéter?

rmémasa vb «. imsb«ijii.

ttVSraui Q.

L'AN6E ET L'BNFAilT.

CIrgif a «ne É^kn.

-ISSS.-^

Un ange au radieux visage , Penché sur le bord d'un beîdèân'.

Semblait contempler son ima^ei Comme dans Tonde d*un nlisseàtt.

€ Charmaat enfant qui me ressemble, c Disait-il . ob ! viens avec moi !

c Viens , nous serons heureux ensemble c La terre est indigne de toi.

c Là , jamais entière aU^resse :

c L*&me y soiifiif^ de ses plaisirs ; c Les cris de joie ont leur tristesse, c Et les voldftès leurs soupirs.

«a L'ANGE ET L'ENFANT.

« La crainte est de toutes les fêtes ; a Jamais un jour calme et serein « Du choc ténébreux des tempêtes a N*a garanti le lendemain.

a Eh quoi ! les chagrins , les alarmes « Viendraient troubler ce front si pur !

« Et par Tamertume des larmes a Se terniraient ces yeux d'azur I

a Non , non ; dans les champs de Tespace a Avec moi tu vas t'envoler ; a La Providence te fait grâce « Des jours que tu devais couler<

c Que personne dans ta demeure a N^obscurcisse ses vêtements ; « Ûu*on accueille ta dernière heure « Ainsi que tes premiers moments.

« Que les fronts y soient sans nuage, a Que rien n*y révèle un tombeau ; « Quand on est pur comme à ton &ge , a Le dernier jour est le plus beau. x>

Et , secouant ses blanches ailes , L'ange , à ces mots, a pris Tessor

Vers les demeures étemelles

Pauvre mère !... ton fils est mort t

soupm

Tout n*est qu^images fugitives ; Coupe d*amertume ou de miel , Chansons joyeuses ou plaintives Abusent des lèvres fictives :

Il n*est rien de vrai que le ciel.

Tout soleil natt , s^élève et tombe ; Tout trône est artificiel»

La plus haute gloire succombe ; Tout s*épanouit pour la tombe »

Et rien n*est brillant que le ciel.

Navigateur d'un jour d'orage , Jouet des vagues » le mortel , Repoussé de chaque rivage , Ne voit qu'écueils sur son passage ; Et rien n'est calme que le ciel.

CONSOLATION 8UIR L'OUBLt

— Septembre 1833. —

Goutte à goutte longtemps dans ma coupe modeste J*ai recueilli des fleurs rhumidité céleste.

Si la main de Toubli me la renverse alors Que je Faurai remplie à couler par les bords , Le ciel me donnera de contempler sans peine * Mes odorants travaux répandus surTaréne, Et le jour accablant de chaleur et d'ennui Dévorant ces parfums enlevés à la nuit.

Le rossignol caché sous la feuillée épaisse, Avant de dérouler sa voix enchanteresse, S'informe-lr-il s'il est dans le lointain deschafflps Quelque oreille attentive à recueillir ses chants! Non; il jette au désert, à la nuit, au silence Tout ce qu*il a reçu de suave cadence.

CPIfSOUlTIon SUR L'ODBLI. 4&

Si la nuit, le désert, le silence sont sourds ,

Celui qui Fa créé Técoutera toujours.

Toate fleur ne naît pas , brillante sur nos rives ,

Pour le sein des amours ou le front des convives.

Pour tomber sous les doigts d'un jeune Éliacin

Et parer de festons les voûtes du lieu saint

Ah ! loin d'en être ainsi , le sort du plus grand nombre

Est de naître , briller, et se flétrir dans Tombre.

Combien de diamants, dans la terre enfouis.

Ne brilleront jamais au^ regards éblouis 1

Que de jeunes beautés, ravissantes colombes,

Sans passer par Thymen descendront dans leurs tombes )

Que de germes éclos aux rayons du soleil,

A peine réveillés * rentrent dans le sommeil !

La Mort , de tant de morts nullement assouvie ,

Veille comme un dragon aux portes de la vie ;

La moitié des destins s'accomplit seulement ,

Et tout n'est ici-bas qu'un grand avortement.

Oh ! qui justifiera jcette injustice immense?...

Mais la terre n'a point toute notre existence. «

Ne nous abattons point si mon luth inspiré

Des hommes pour toujojoxs doit rester ignoré.

Si l'indignation en surprend ta pensée ,

Oh ! ce sera , mon àme ; une plainte insensée ,

Un moment écoulé dans l'oubli du Seigneur,

Qui, comme un vent de mort, nous passe sur le cœur.

La lyre ne doit pas te rendre infortunée ;

I« COMSOLATION SUR L*OUBLI.

Remercions le ciel de nous Favoir donnée ; * 11 est quelque plaisir qu'elle nous fait goûter, Et tu t'épanouis en t'écoutant chanter !

Et mon front soucieux éclaircit ses nuages, Gomme au son de Fairain avortent les orages. Les ombres de l'oubli préservent de l'orgueil , Et la célébrité n'est qu'un plus grand écueil. Un grand nom coûte cher dans les temps où noussomm Il faut rompre avec Dieu pour captiver les hommes. La gloire trop souvent apparaît sur un front Comme germe le doute au cœur qui se corrompt , Gomme l'on voit sortir des moissons plus fécondes D'un terrain humecté par des vagues immondes. Que d'esprits, transportés sur la cime du mont, N'ont pas pu résister aux pompes du démon , Et , pour s'approprier des royaumes célèbres , Ont adoré les pieds de l'ange des ténèbres !

De mon astre soumis loin des destins pareils ! Hélas I mes yeux ont vu tomber tant de soleils ! Si je venais jamais à franchir la limite , Bamëne-moi , mon Dieu , dans la borne prescrite ; Car l'esprit, une fois échappé de ta mam , Se fatigue à bondir et ne fait nul chemin.

^ M. imtxanbxt )Bttma0.

LES ARtNES DB NUES.

Reste d'un vieux géant, débris dont la stature Du Ntmes d'autrefois peut offrir la mesure , L*étranger est plongé dans un profond émoi Quand tes vastes contours s'offrent & ses paupières ; Hais tant de fois, enfant, j'ai dormi siur tes pierres , Qu'elles sont sans rôve pour moi.

Tai tant de fois ouï , l'hiver , dans la nuit sombre , Les mille voix du vent sous tes voûtes sans nombre, Que je n'y sais plus voir, transfuges du trépas , De leur dernier soupir non encor satisfaites , les ombres de tous ceux qui sont morts dans tes fêtes, Recommençant leurs vieux combats.

18 HOMMAGB

Et tant de fois , le soir, de nos fêtes publiques La résine & mes yeux éclaira tes portiques , Que les rouges reflets jetés sur tes arceaux Ne me rappellent plus cette nocturne orgie Où Rome, courtisane à la sombre énergie , Brûlait des chrétiens pour flambeaux.

Aussi, quand je faméne une amitié choisie Pèlerine de Tart et de la poésie , Je lui laisse chercher la place de César, Celle des proconsuls et des nobles familles , Et celle que Yesta réservait à ses filles Dont rindex était un poignard '.

Rêvant à d*autres jours , mon esprit sympathique Refait du souvenir son enceinte go&ique Catholique berceau de notre saint Castor, De tes vieilles ihaisons là multitude obscure * Rampant sur tes gradins comme une moisissure Sur rècorce d'un chêne mort.

Et je crois encor voir Fessaim déjeunes filles Qui chantaient en filant le lin de leurs familles

> Le dernier coup était porté au gladiateur vaincu A un si* gnàX de la vestale qui occupait une place d*honneur aax amphithéâtres.

* Ces maisons , qui renfermaient près de t,000 habitants, ont existé jusqu^à la fin de TEmpire.

A. U. A^ mUAS. 19

Sur un sol où le meurtre eut une ample moisson , Comme on voit quelquefois la colombe timide Paire son nid aux lieux où le vautour avide A cent fois rougi le gazon ;

\jd figuier dérobant sous ses feuilles sauvages Lo cintre d*un portail corrodé par les âges Comme un sombre sourcil sur un œil africain , Et les débris pendants des tourelles mauresques Oft tes preux» prononçant leurs vœux dievaleresques» Prenaient à témoin saint Martin < ;

Soldats bardés de fer« dont la dague et la lance Faisaient avec ta pierre étemelle alliance , Et qui pour elle ayant essuyé mille assauts , Naïfs profanateurs des romaines merveilles , Firent tout bonnement , belliqueuses abeilles , Leurs cellules de tes arceaux.

lar il fut une époque où Rome délaissée )ans tous les souvenirs se voyait abaissée , )ù les grands monuments qui faisaient son orgueil 'urent bumiHés jusqu'à Fétat d'usine, )ù le Gotfa , sans respect pour sa cendre divine , Fit une auge de son cercueil.

* Gens d*annes commis à la garde de ramphithéâtre , tran»omié en château fort pendant les guerres des Sarrasins, et qu*QD nommait chevalier t dee Arinei»

M fl OmilAGK

Puis je laisse égarer mes yeux parmi la foule De tous ces noms inscrits sur le gradin qui croule, Noms obscurs qui, des temps prévoyant le reflux, Étreignent ce qui meurt pour vivre un jour de plus; Tant tout ce qui se sent et peut se reconnattre Redoute de tomber du vieil arbre de rôti;e ; Et, voyant qu^ nos vœux la mort dit toujours non, On cherche à s'y soustraire en lui jetant on nom. Et ce n'est pas ici la gloire ou la puissance , Lés favoris du glaive ou de Fintelligence :

D'ouvriers voyageurs on y lit l'humble nom , Avec les attributs de leur profession.

Leur couteau de la pointe a creusé chaque lettre , Dont la forme vous dit l'âge qui les vit nattre. Dans un cœur entouré par uii fer à cheval C'est : DaupMné V Amour ^ comfognan maréchal: Et puis, sous une croix & l'indécise empreinte : Jean Baueicault , suivant Loys en Terre-Sainte ; Puis des milliers de noms effacés, confondus. Gomme ces feux du ciel dans le lointain perdus Qui fatiguent l'esprit et l'œil de la science Par leur infinité comme par leur distance.

Ainsi l'esprit petit , comme l'esprit géant , S'efforce d'échapper au gouffre du néant ; Et cela toutefois console le poëte

A K. A. DDMA8. SI

Qui, souvent affligé d*uiie honte secrète , «

S*était cru , se sondant et se trouvant si vain ,

Quelque vase fôlë de Fatelier divin ,

Un avorton formé d'orgueil et de misères ,

Dont Tesprit n'atait rien de Tesprit de ses pères,

Etdontrardente soif de Timmortalité

N'était qu*une fatale et triste infirmité.

Mais, si tout craint de choir dans cet abtme sombre

Où tout se précipite et tout se change en ombre ,

Le poète , ici-bas , est un homme plus fort ,

Plos puissamment armé pour combattre la mort ,

Un des atnés choisis d'une race divine

Qui se souvient le mieux de sa noble origine ,

Et qui dit d'une voix plus tonnante au trépas :

«Je suis né pour la vie, et n'obéirai pas :

«Dans le fond du sépulcre où tu me fais descendre

«Mes hymnes donneront la parole à ma cendre ;

a Je laisse en m'en allant de qiioi t'anéantir :

« Je t'ai tuée, ô mort ! avant que de mourir ;

« Et j'ai fait avancer pour moi le jour suprême

« Où tu ne pourras plus dévorer que toi-même ,

«Où tout viendra te dire avec dérision :

« Qu'as-tu fait de ta faux et de ton aiguillon ? »

Ht, radieux d'avoir reconquis son estime,

Il rend grâce au Très-Haut de cet instinct sublime

Qui , sur ces grands débris où triomphe le sort ,

À trouvé des pensers qui terrassent la mort.

LE mmim vmtm.

Toque de moire, aigrette bianche Ornaient son front toujours serein ; OËil doux et vif, aUsre franche , Il avait le cœur sur la main.

Désirs orgueilleux de sa rie Ne trouvent la félicité ; Il voit le manoir sans envie Et la chaumière sans fierté.

Le nécroman et la sorci^ N'ont point de part à ses concerts :

Il est enfant de la lumière , Et non de la nuit des enfers.

LK TROOAADOIIR D'OGCITAVII., M

Sa lyre , où le zéphyr caresse Rubans aux brillantes couleurs , Chante la rose, la jeunesse , Tout ce qui fait battre les cœurs,

Le premier baiser d'une amie , Le premier soufQe printanier« Et le ciel bleu de sa patrie , £t ses champs où croît le laurier.

Ou, vers la couche.nuptiale Conduisant déjeunes amants, Sa voix de la fleur virginale Saluait les derniers moments ;

Ou bien, partageant les délices De quelque couple fortuné.

Elle appelait des sorts propices Sur la tète du nouveau«-né.

Mais quand des gloires solennelles Sollicitaient un noble essor.

Son esprit dirigeait f^s ailes Vers un espace vierge encor .

Il disait l'héiroïque CSiarles , Avec les comtes toulousaios.

Dans les champs de N!mes et eTirtoa Exterminant les Sarrasins.

U Lft mOOBADOOR D'OGCITANII

Il disait la célèbre histoire Des chevaliers morts triomphants Et les larmes de la Victoire Qui redemandait ses enfants -

Et, des fastes de la vaillance , Parfois ses accords complaisants Descendaient jusqu*à la cadence De la ronde des paysans.

Mais alors pour lui nul salaire *.

Le noble enfant du gai savoir Chantait gratis à la chaumière Quand on le pavuit »u niauiur.

Souvent même , ange secourable , Au riche il donne sa leçon , Et dans la main du misérable U met le prix d'une chanson.

Ainsi , rhonneur et Tharmonie , La bienfaisance et les amours Du ménestrel d'Occitanie Tissaient les adorables jours.

Et, quand le ciel coupait leur trame , Pressant une croix sur son cœur, Paisiblement il rendait Tftme , Et s^endormait dans le Seigneur.

LB nOUBADOCR D*OG€ITAllIft. SB

Serfs dont il charma les misères, Bachelettes qu^il fit danser.

Preux dont il célébra les guerres Avaient des larmes à verser.

Et, sur le saule de sa tombd Tous les soirs reposant leur vol , Venaient soupirer la colombe Et se plaindre le rossignol.

remon)BLLB do troubadour.

Zéphyr, du souffle de son aile ^ A triomphé de nos frimas ; La terre de fleurs étincelle :

Tout revient , et mon hirondelle Ne revient pas.

Par ses compagnes plus constantes Tentends saluer le matin , J'ai vu leurs troupes tournoyantes Effleurer les eaux transparentes Du lac voisin.

Oiseau de longue connaissance, Âh I dis-moi , quand reviendras-tu Me ranimer par ta présence?

Je suis , hélas ! de ton absence Tout abattu.

ru sais combien fioa joie éolale Quand tu reparais sous nos cieux , Quand Panneau i'étoSe écarlatd Qui ceint ta jambe délicate Brille à mes yeux.

Nui autre mortel, je t'assure, Ne t'offrira meilleur destin :

J'étais presque de ta nature , Nous partagions mémo toîtura Et môme pain.

Quand la naîte damoiaelle Du doigt indiquait notre tour, n Là-haut demeure , disait-elle , <i Et chante avec son hirondelle, «r Le troubadour. »

Pour te recevoir, ma fenétra Est toujoui:s ouverte à demi :

Qui peut t'empécber d*y paraître?

Crains-tu de retrouver un maître Dans ton ami?

Non » tu ne m'es pas infidèle :

Les serres d'un cruel vautour T'auront d'une étreinte mortelle Surprise , ô ma pauvre hirondelle , A ton retour !

%n L'HIHONDBLLB DD TROOBADOim.

Oa , volant à perdre courage Pour traverser dUmmenses eaux.

Sur qqelque perfide équipage As-tu rencontré l'esclavage Pour le repos ?

N*a-t-il pas craint pour son navire , L'impitoyable ravisseur?

Car j'ai toujours entendu dire , Oiseau du ciel , que de te nuire Porte malheur !

Hélas ! dans la campagne immense La fleur va faire place au fruit , De jour en jour Tété s'avance, Et de te revoir l'espérance S'évanouit.

Ma voix si joyeuse et si vive N'aura plus que de tristes chants ; Infidèle, morte ou captive, Ta perte la rendra plaintive Pour bien longtemps.

lESPiffilIERS VERS.

% te Sicrgr.

— IWI.—

Toi que colore aux oiâux riuurmoiiie éternelle Des archanges ravis , des séraphins ardents , Vierge, accepteras-tu d^une lyre mortelle Les profones accents f

Oh! toujours indulgente envers la créature , Ta les accepteras ; mais pourrai-je jamais Exalter dignement, reine de la nature , Tes immenses bienfaits?

lanivers languissait dans une nuit profonde : La voix de TÉtemel promet un jour serein* céleste Orient , la lumière du monde Sortira de ton sein !

10 MES PEEMIERS VERS.

Le Qls de Jéhovah se revôt de poussière , De toa flanc virginal il veut naître mortel ; Cesi par toi que le ciel habitera la terre , EtlategrpilejpiQj,

Quel désordre éclatant à mes yeux se présente ! Le mattre des captifs vient partager le sort ; Une vierge est féconde, une mortelle enfante Le vainqueur de la mort.

Malheureux fils d'Adam, dépouille-toi du orime : Eve victorieuse a soumis les enfers ; Le vieux serpent vaincu se roule dans Tabîme, Et les cieux sont rouverts.

Mais, Vierge, tes, doultiuaontâarpass&tagioire. Quels sâmglats t'acoûté^le salttt des. humajas f Quel sang ont,,dxigéi |»ttrprîxil6l&.vietoire. Les célestes desseins ! .

Exempte, (te.ijéf*é » ta.ow»i!Ji^pç[9^^fiy!«ffliegi Tu partageai A0^,pî^5., tu.sws JuOq^w^tif.- Quand on pleure <a,yirô toi, rinf9rt¥9ftft.d(^#ai]«0i, La douleur son jd^Pf.

Estr-ii d%^ft, 4yrftj^g!Qft;*AHpe ,t;ixDçit^^^

Tu recueille?,s$fLy(]ft^j:, sç^ l^rmfl^eUç^prisj, Des mers de ro§pident}4fi^\l^,^^/l>u?flt^ Et du chaume aux lan^ bris..

lus PRIMiBES VBE8.

Àquiléguera-t^l ses sueurs et sa peme, Lepaavre laboureur d'enfants déshérité ?

Sa compagne t'invoque, et retourne certaine De sa fécondité.

La France périssait ; mais son auguste mattre Te consacre en pleurant sa couronne de Us :

Heurease et triomphante, elle verra paraître Le plus grand des Louis.

Un joar, d jour affreux I criminelle, abusée , Fille abolit le trône et ses antiques lois ; Mais captive bientôt , sur leur tombe brisée Elle pleure ses rois

Ce cèdre dont les cieux avaient reçu le fatte, Dont les rameaux joignaient Tun à Tautre horizon , Déplorable jouet d'une longue tempête , N'a plus qu'un rejeton.

Veille, veille sur lui , secourable Marie !

Qu*à ta voix dépouillant sa menaçante horreur» L aube de l'avenir se montre à ma patrie Pure comme ton cœur !

Que sur nous éteignant la foudre vengeresse, lange de tes bontés, étoile du matin , De ses ailes d'azur protège la jeunesse Du royal orphelin !

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