LE JEUNE HOMME
Au nom du Tout-Puissant tu parles, 6 mon père. Et nos amours devraient s'incliner et se taire. Cependant, si mon cœur osait se révéler.
Ce ciel qu'à nos désirs tu viens de signaler N'offre pas de bonheur que mon esprit comprenne Au delà de celui donfmon àme était pleine.
Mon àme cherche en vam comment, dans l'avenir, Ce qui la réfléchit aurait pu se ternir.
Ah ! mon amour était sans crainte et sans mélange : Qu'avais -je à redouter des promesses d'un ange? Le ciel eût protégé cet ineffable accord.
Je n'en avais jamais ressenti de remord ; Et, s'il faut écouter sa voix intérieure.
J'éprouvais qu'en l'aimant mon àn^e était meilleure. Jamais, jamais mon front ne se prit à*rougir Des pures voluptés qu'elle me fit sentir.
Ainsi là sœur se livre aux caresses du frère Et le cristal limpide aux jets de la lumière. Oh ! s'il me £siut bénir l'heure de son trépas,
CHAirr NECVIÈMS. 169
Pourquoi Dieu me Ta-t-U accordée ici-bas?
Si ce n'était point là le bonheur, ô mon père. Quelle félicité faut-il donc que j'espère ?
Retrouverai-je au sein du céleste séjour Cette extase ineffable où je puisais le jour. Lorsque sa douce image occupait ma pensée Et que de la revoir mon âme était bercée ; Surtout lorsque de loin je la voyais venir.
Et, moitié de moi-même, à moi se réunir?