INTRODUCTION. XX.I1I
< tes côtés, et se réjouit de ce qu'il est un enfant « comme toi. »
Le poëme de Promélhée nous montre le fils de Japet avant son châtiment, l'audacieux rival de Jupiter, dans sa grandeur titanique, amer, dédaigneux, superbe, blasphémant l'Olympe, dans la conscience de sa propre force : « Fais dans ton ciel ce qui te plait, ô Zens! enveloppe-toi de nuages, lance tes éclairs et ta foudre sur les bois et sur les montagnes, si pareil jeu d'enfant te divertit; va, tu ne détruiras point la terre, la terre que désormais j'appelle ma patrie, parce que j'ai déserté l'Olympe et suis venu m'associer à l'homme pour lui porter secours; tu ne détruiras point la hutte que je me suis bâtie et que je me bâtirais de nouveau si ta foudre osait y toucher. Je le sais, tu m'envies ce foyer par lequel j'ai appris aux mortels l'art de forger les métaux; toi et les autres Olympiens, vous m'en voulez d'avoir conquis leur amour, et vous avez raison de m'en vouloir, vous tous qui êtes réduits à attendre des hommes ces misérables dons qu'ils vous apportent, et que vous cesserez de recevoir du jour où la superstition cessera de régner! Moi aussi, tout enfant, je fus pris à ce piège; je vous invoquai comme si vous entendiez ceux qui élèvent vers vous les bras en suppliant. — Mais vous êtes sans pitié, sans conscience! — Dans la guerre de famille des Titans, où l'injustice triompha, lorsque j'étais au moment de périr, de tomber en esclavage, qui me sauva? Dans l'ingénuité du jeune âge, dans cette première confiance du cœur, je croyais vous devoir mon salut,