‹ PoésiesChapitre 148 sur 225 · LA JOIE · texte numérisé non relu

LA JOIE

Elle flotte autour de la source, la libellule changeante ; je me réjouis a la voir, tantôt sombre, tantôt claire, semblable au caméléon, tantôt rouge, tantôt bleue et tantôt verte. Oh î si je pouvais seulement voir de près ses couleurs!

Elle crie et flotte et jamais ne s'arrête ! mais chut ! elle se pose dans les blés. Je la tiens ! je la tiens ! et maintenant je puis la regarder, et je vois un triste bleu foncé. —

Ainsi il vous arrive à vous, analyseurs de vos joies!

Il prit la fantaisie aux neuf sœurs d'instruire aussi Psyché méthodiquement dans l'art de poésie; mais la petite âme demeurait prosaïque, et rien de merveilleux ne résonnait sur sa lyre, même par la plus belle nuit d'été. Cependant vint l'Amour avec son regard et ses flammes, et le cours fut achevé.

A la pluie, a la grêle s'associe un jour affreux ; voyant cela, tu voiles ton éclat. Je frappe à la fenêtre et je heurte à la porte : viens donc, chère âme, viens, tu es aussi belle que jamais !

11 y avait grand gala au village; on disait que c'était une noce. Je pénétrai dans la salle ; nombre de couples s'y trémoussaient, chaque fillette avec son drille; on ne voyait qu'amoureuses figures. Cependant je songai à m'enquérir de la fiancée. — L'un d'eux alors me regarda fixement dans les yeux : « Pour cela, allez le demander à d'autres ! nous dansons pourtant en son honneur, nous dansons déjà depuis trois jours et trois nuits, et personne encore n'a pensé à elle. »

Essayez de regarder dans la vie autour de vous, et plus d'une confidence du même genre vous sera faite.

Que dame Vénus apparaisse dans sa pleine clarté au firmament nocturne, ou qu'une rouge comète se montre, ainsi qu'un fouet sanglant au milieu des étoiles, le Philistin court ta sa porte : « Le météore est sur ma maison! oh! malheur! c'est aussi trop de fatalité ! » Et le voilà dans les angoisses, appelant son voisin : « Ah ! voyez quel signe me menace; c'est à nous, pauvres gens, que cela s'adresse ;

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ma mère souffre d'un mauvais asthme, mon enfant d'un vent et de l'épidémie, ma femme, j'en ai peur, va aussi tomber malade, car de huit jours elle ne me querelle, et tant d'autres fléaux que le signe nous annonce ! Ah ! je le crains, la fin du monde approche. »

Et le voisin alors : « Vous avez raison, les choses vont mal pour nous tous cette fois ; mais voyons un peu, deux rues plus loin, comment sont placées les étoiles. Elles pronostiquent ici , elles pronostiquent là-bas. Que chacun reste prudemment à son poste, et se contente de faire le mieux qu'il peut et de souffrir comme les autres. »

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