‹ PoésiesChapitre 15 sur 225 · INTRODUCTION. XXVI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVI

« Comme dans l'éclat du malin tu m'inondes de c tes ardeurs, Printemps, ô bien-aimé! mille vo- < luptés ineffables s'éveillent dans mon cœur, où « pénètre le sentiment sacré de ton éternelle chaleur, • beau infini!

« Oh ! si je pouvais te saisir dans ces bras ! »

Il cherche à étreindre le vide, il invoque les herbes et les fleurs, comme si les herbes et les fleurs étaient des êtres vivants, l'être infini, ce foyer de lumière et d'amour dont il respire les effluves divines dans les haleines de l'aurore, dans la fraîcheur des eaux et des forêts.

« Oh! sur ton sein je m'étends, je languis! et tes « fleurs, ton gazon, se pressent sur mon cœur. Tu « apaises la soif ardente de ma poitrine, douce brise ■ du matin! tu m'apportes la voix du rossignol en « amour qui m'appelle du sein du nébuleux vallon !

« J'y vais! j'y vais! Où donc vais-je? où vais-je? « Là-haut! là-haut j'aspire! Les nuages flottent, ils t descendent; les nuages s'inclinent vers l'amour « haletant. A moi! à moi! dans votre sein, partons! « enlaçant, enlacé! là-haut! vers ton sein, père de « l'amour universel! i

Si c'est là le Ganymède de la fable , il faut avouer qu'il porte à son front un idéal céleste que les Grecs n'avaient pas su lui donner. Mais revenons par VAchiUéide au paganisme pur, au calque inanimé de la beauté classique, au marbre de Paros.

Goethe venait de terminer Hermann et Dorothée, lorsqu'il jeta le plan d'une épopée dont le sujet devait être Guillaume Tell. Schiller, selon son habitude, accueillit cette idée avec transport, disant qu'après

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