INTRODUCTION. XXIX
à lui et à moi , consistaient en une activité incessante. »
Ce fut à cette époque qu'il entreprit de commenter Homère, et l'on ne saurait dire combien de points de vue nouveaux, d'opinions curieuses, ces études lui inspirèrent sur l'unité et la variété de l'épopée antique. Cependant, au milieu de ces réflexions critiques, il en vint à se demander si, entre la mort d'Hector et le départ des Grecs, il n'y aurait point place pour un poème. 11 lui sembla voir une lacune dans Homère, et son ambition prétendit la combler. De là ce poème de l'Achilléide , imitation littérale du style homérique, étude consciencieuse et profonde sans doute, mais froide, inanimée, et de laquelle on pourrait dire à juste titre ce mot un peu sévère d'une femme d'esprit au sujet de ïJphigénie en Tauride : < C'est beau comme le marbre, mais glacé comme lui. > — Goethe bannit de son poème tout l'élément subjectif, pathologique, si l'on me passe l'expression , de la poésie moderne, et, s'attachant à suivre l'antique jusque dans ses défauts , ne se montre préoccupé que d'une seule chose : d'écrire un épisode qui puisse en quelque sorte s'intercaler dans /' Iliade. Mais au moment où cette audacieuse pensée le lient le plus, d'ajouter un appendice au livre d'Homère, il sent mieux que personne la distance infinie qui le sépare de son modèle, et consulte Schiller pour savoir de lui s'il doit continuer son œuvre. Schiller lui conseilla de se prémunir contre une imitation semlc d'Homère. Ce qui souriait au poète d'Iéna dans ce sujet de ÏAckilleïda, c'était de pouvoir se prêter, Nous plus d'un rapport, aux conditions de la poésie