‹ PoésiesChapitre 179 sur 225 · LXXX1I · texte numérisé non relu

LXXX1I

Tu t'étonnes et me montres la mer qui semble flamboyer; vois-tu la vague embrasée battre l'esquif nocturne? Pourquoi m'etonnerais-je? la mer n'a-t-elle pas enfanté Aphrodite , et d'elle une flamme n'est-elle point issue , son fils?

Pauvre et sans vêtements était la fillette lorsque je me la suis conquise. Nue elle m'agréait alors , nue elle me plaît encore aujourd'hui.

LXXXI v.

Bien souvent je me suis trompé quitte a me retrouver ensuite, mais jamais plus agréablement! En ce moment, cette fille est mon bonheur ! Si c'est là une erreur encore , ô dieux qui savez tout, accordez-moi de ne le découvrir que la-bas sur notre froid rivage.

EPIGRAMMES. 23«J

Triste fut ta destinée, ô Midas, dans tes mains frémissantes, tu sentais, vieillard affamé, les aliments se transformer. En semblable circonstance pour moi, les choses au moins se passent mieux. En effet , tout ce que je touche devient sous ma main un rapide poëme. J'y consens volontiers, Muses divines ! pourvu que ma maîtresse, lorsque je la presse ferme sur mon sein, ne se transforme pas en une illusion.

a Oh ! ma gorge s'est enflée un peu ! » — Ainsi disait la mignonne , avec inquiétude. — Chut , mon enfant , chut ! et comprends mes paroles : la main de Vénus t'a touchée , elle te prévient tout bas qu'elle va bientôt transformer ton petit corps irrésistiblement. Avant peu elle te gâtera tataille svelte , ta gentille gorgerette, tout enflera, la dernière robe n'ira plus. Mais sois sans crainte , la fleur qui tombe annonce au jardinier que le doux fruit s'arrondissant en automne prospérera.

Et c'est ainsi que loin de tous mes amis , je dépensais les jours comme les heures dans la cité neptunienne. Tout ce que j'éprouve, je l'assaisonne par le souvenir et par l'espérance, les plus divines épices du monde.

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