‹ PoésiesChapitre 181 sur 225 · ICi ÉPITBES · texte numérisé non relu

ICi ÉPITBES

place du cœur ! » Et le juge me dit alors : « Oubliez ses coups, car vous avez mérite la peine, et même déplus cuisantes douleurs; mais si vous voulez rester dans l'ile et l'habiter avec nous, il faut dès aujourd'hui vous en montrer digne et faire acte de bon citoyen, « Ah ! m'écriai-je, seigneur, je n'ai jamais pu m'aecommoder au travail ! je ne possède non plus aucun de ces talents qui nourrissent l'homme; on m'a surnommé par dérision Jean sans souci , et chasse de ma maison.

— Ah! sois le bienvenu, répliqua le juge; occupe le haut bout de la table chaque fois que la multitude se rassemble , et prends dans le conseil la place que tu mérites ,mais garde-toi qu'un retour honteux te ramène au travail ; qu'on n'aille pas trouver chez toi, dans ta maison, la rame ou la pelle, tu serais ruiné pour toujours, et resterais sans honneur et sans pain. Être assis sur la place, les bras croisés sur ton ventre rebondi, écouter les joyeux airs de nos chanteurs, voir les danses de nos fillettes, les jeux des garçons, que tels soient les devoirs auxquels tu t'engages et tu jures de te vouer. »

Ainsi parlait l'homme , et les fronts de tous ceux qui l' écoutaient étaient devenus sereins , et tous rêvaient le jour où ils trouveraient de pareils hôtes et essuieraient de pareils coups.

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