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pas! Eos en réveillant les peuples me trouva rassemblant les "ossements de Patroele, elle trouve aujourd'hui les frères d'Hector occupés à ce pieux emploi, et toi aussi elle te verra , mon fidèle Autiloehus, ensevelir dans la désolation les restes légers de ton ami. Qu'il en soit comme les dieux l'ordonnent; 'en attendant, songeons à ce qu'il convient de faire. Réuni a mon ami Patroele , un glorieux sépulcre doit s'élever en mon honneur, sur le haut rivage de la mer, et parler de moi aux peuples comme aux âges a venir. Déjà les robustes myrmidons ont creusé les fossés, déjà ils ont disposé la terre en palissades, élevant comme un rempart protecteur contre le choc de l'ennemi. Ainsi, avee activité ils ont enceint de limites le vaste espace; mais il faut que l'œuvre s'avance ! Je vais convoquer leur multitude qui m'aide a amonceler la terre sur la terre ; et peut-être menerai-je ainsi le travail a moitié. Je vous lègue à tous le soin de l'achever si bientôt l'urne contient ma cendre. »
— Il dit et s'éloigne ; et, marchant a travers la ligne des tentes, fait signe a celui-ci , à celui-là, appelle les autres, et tous, empressés, saisissent avec joie le rude attirail , la pelle et le noyau, le pieu robuste et le levier qui remue la pierre , et ainsi ils sortent, et, répandus en foule hors du camp, remontent le sentier et se hâtent en silence. Comme l'élite d'une armée se préparant à faire une surprise nocturne s'avance à pas comptés, chacun mesurant son chemin en retenant son souffle, dans l'espoir de pénétrer dans la ville ennemie mal gardée; de même ils vont eux aussi, et leur silence actif honore leur tâche solennelle, non moins que les douleurs du roi.
Mais bientôt, lorsqu'ils atteignirent le dos de la colline lavée par les vagues, et que l'étendue de la mer s'ouvrit à leurs veux , Eos , du sein des lointaines vapeurs de l'aube sacrée, jeta sur eux un regard amical , et vint rafraîchir le cœur de chacun. Tous aussitôt se précipitent vers le fossé, avides de travail ils déchirent le sol longtemps foulé , et re-
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jettent à coups de pelle les mottes de terre que d'autres emportent à pleines corbeilles. Ceux-ci en remplissent leurs casques et leurs boucliers, ceux-là les pans de leurs tu niques, dont ils se servent au lieu de vases.
Cependant les Heures ouvrent avec violence les portes du firmament, et l'attelage impétueux d'Hélios s'élève avec fracas. 11 éclaire d'abord les Ethiopiens pieux, habitants des limites extrêmes du monde \ puis, secouant bientôt ses boucles embrasées, il descend des bois de l'Ida pour éclairer les Troyens gémissants, les Achaïens agiles.
Or, les Heures, s'élevant dans l'Ether, arrivent au palais sacré de Kronion qu'elles saluent éternellement. Elles entrent ; Héphaestos en boitant s'avance à leur rencontre , et leur adresse ces paroles : « 0 vous! décevantes ! si rapides à l'homme heureux, si lentes à celui qui attend! écoutezmoi! Soumis a la volonté de mon père, j'ai construit cette salle selon la divine mesure du plus splendide chant des Muses. Je n'ai épargné ni l'or, ni l'argent, ni l'airain ; et telle que la voila , mon œuvre ne redoute rien des dommages du temps. Car ici la rouille ne prend pas, car jusqu'ici non plus ne monte la poussière, compagne du voyageur terrestre. J'ai fait tout ce qu'il est donné de faire a l'art créateur. La coupole sublime du palais repose inébranlable, et le sol luisant invite à marcher. Chaque souverain a son trône qui le suit , et ou il commande comme le chasseur à ses chiens. J'ai créé des enfants d'or qui cheminent et servent de soutiens à Kronion , comme je me suis créé a moi des vierges d'airain. Mais tout cela reste .sans vie. Car à vous seules, il appartient aux Charités et à vous seules de répandre les charmes de la vie sur la forme inanimée. A l'œuvre donc ! n'épargnez rien, répandez tout autour de vos urnes sacrées les grâces à torrents, afin que je me rejouisse dans mon œuvre, et que les dieux ravis m'estiment à l'égal d'autrefois. » Elles, alors, sourirent doucement, les inconstantes! et, faisant au vaillant un signe
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amical de consentement, versèrent alentour la vie et la lumière avec tant de profusion, que nul mortel ne les eût supportées, et que les dieux furent ravis.
Ainsi, sur le seuil de son palais s'agitait Héphaestos, anime au travail, car le travail seul faisait battre son cœur. Alors s'avance Héra accompagnée de Pallas Athénée, avec qui elle échange des paroles, et sitôt qu'elle aperçoit son fils . elle l'arrête et lui dit : « 0 mon lilsl cette gloire va bientôt te manquer, cette gloire ou tu te complais de forger des armes qui protègent les hommes contre la mort, épuisant tout l'art que t'offrent telle et telle déesse. Car le jour est proche ou le vaillant Pelée tombera dans la poussière, montrant par son exemple les limites assignées aux mortels. >~i ton casque . ni ton armure , ni le contour de ton bouclier, n'aideront a son salut lorsque les griffes sombres de la mort viendront l'assaillir. »
Mais le dieu artisan, Hephaestos : « Orna mère, pourquoi me railler d'avoir contenté avec empressement les désirs de Tbétis et fabriqué ces armes? Jamais pourtant armes pareilles ne seraient sorties d'une enclume terrestre ; un dieu même se servant de mes propres outils ne les eût pas forgées, ces armes coulées sur la taille du corps, portant le héros comme des ailes, impénétrables et splendides , un prodige à l'œil étonne ! Car ce qu'un dieu accorde aux hommes est un don fortune, et non point un présent ennemi, destiné seulement à causer des raines. Certes, Patrocle me revenait heureux et vainqueur, si Phebus n'eût abattu son casque de sa tète et divisé son armure de telle sorte que le héros dépouille dut succomber : il en doit être ainsi ; la destinée reclame les humains : l'arme la plus divine, l'égide elle-même ne les sauverait pas, car des dieux seuls elle éloigne les jours funèbres. Mais que m'importe après tout? Qui forge les armes prépare la guerre, et serait mal venu d'en attendre leson du cistre. » — Il dit, et s'éloigne en murmurant; les déesses sourient.