‹ PoésiesChapitre 2 sur 225 · I INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I INTRODUCTION

iancolie. Avec Goethe, le mot pourra paraître singulier; toutefois, appliqué aux Lieds, œuvres de sa jeunesse, émanations presque involontaires d'un premier épanouissement du cœur, il s'en faut qu'il soit déplacé. « Je demeure de plus en plus convaincue, disait une femme d'une sensibilité poétique vraiment rare, que la mélancolie est la base fondamentale de l'harmonie chez les natures élevées, et que c'est par elle seule que leurs œuvres conservent ce charme inépuisable et résistent à toutes les vicissitudes des temps, des opinions et des mœurs. » Sans aller si loin, ni prétendre le moins du monde que la mélancolie soit une des cordes principales de la lyre de Goethe, ne saurions-nous reconnaître le ton de tendresse et de conviction qui règne dans la plupart des pièces de ce livre? Pour moi, j'avoue que ce tonlà m'attire et me frappe; après cela, qu'il vienne de la tète ou du cœur, de l'homme ou du poète, qu'il soit un artifice de plus dans cette organisation si prodigieusement douée, peu importe; une chose certaine, c'est que le sentiment est là, qu'on l'y trouve, et qu'il donne à ces poésies lyriques de la première manière un charme incomparable, que toute l'orfèvrerie de la forme la plus habile et la plus riche n'a jamais su donner au Dkan.

La Ballade de Goethe porte en elle un caractère mystérieux qui n'a rien de mystique, deux conditions dans l'art qu'il ne faut pas confondre, celle-ci résidant tout entière dans l'étoffe même du poème, celle-là dans la manière de le traiter. Le mystérieux des Ballades de Goethe ressort presque toujours de l'arrangement des choses, de la mise en scène, si je

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