‹ PoésiesChapitre 210 sur 225 · HATEM · texte numérisé non relu

HATEM

Ce n'est pas l'occasion qui fait le larron, elle est ellemême le plus grand larron ; car elle m'a volé le reste d'amour que j'avais au cœur.

Elle te l'a donnée a toi, cette richesse de ma vie entière, et désormais, pauvre que je suis, j'attends de toi mon existence.

Mais je sens déjà la pitié dans l'escarboucle de ton regard , et je me réjouis dans tes bras de ma destinée nouvelle.

slLL-IkA.

Heureuse que je suis de ton amour, je n'accuse point l'occasion. Friponne, dis-tu? ah! qu'une pareille friponne m'enchante !

Et pourquoi donc parler ici de fraude? A moi donne-toi librement ; il me serait si doux de croire que c'est moi-même qui t'ai ravi !

Ce qu'ainsi volontiers tu donnes te rapportera les plus beaux profits; mon repos, ma vie si riche, je te les livre, prends.

Xe raille pas! point «le misère! L'amour ne nous t'ait-il

pas riches? Lorsque je te tiens dans mes bras, quel bonheur dépasse le mien?

SULÉIKA.

Comme je voguais sur lEuphrate , l'anneau d'or que tu me donnas dernièrement glissa de mon doigt dans l'abîme des eaux.

Ainsi je rêvais! l'aurore me donna dans les yeux à travers les arbres; dis, poète, dis, prophète, ce que ce rêve signifie?

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