‹ PoésiesChapitre 4 sur 225 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

dévore un moment sa fureur. (Ne remarquez-vous pas combien Ja seène est dramatique, musicale surtout, <jt qu'il y aurait là un admirable finale d'opéra?) Toutefois sa colère, trop longtemps contenue, éclate enfin ; la première ardeur de l'amour une fois éteinte, le souvenir de sa race antique et chevaleresque est revenu au cœur de l'illustre jeune homme, et il a rougi de son alliance avec la fille d'un mendiant.

Le jeune seigneur éclate en horribles reproches contre sa femme et ses enfants.

Le vieillard, qui jusque-là s'est tenu immobile dans sa dignité, ouvre la bouche alors et se déclare père de la princesse, aïeul des enfants, et antique souverain du burg dont l'a chassé la race du possesseur actuel. Le cours des choses s'explique naturellement : une révolte à main armée ayant chassé jadis le roi légitime auquel le Comte appartenait, la dynastie antique, ainsi que ses fidèles partisans, vient d'être restaurée. Le vieillard confirme l'authenticité de ses paroles en désignant la place où ses trésors sont enfouis; une amnistie est promulguée aussi bien dans le royaume que dans le burg, et tout se termine par un heureux dénouement.

Quand nous indiquions tout à l'heure dans cette ballade une admirable scène de grand opéra, nous ne faisions qu'émettre une idée de Goethe lui-même, qui eut un moment l'intention de disposer pour la musique ce sujet, emprunté du reste à une très-intéressante légende de la vieille Angleterre : « Ce motif me plaisait réellement, écrit-il quelque part; je traçai le plan, j'ébauchai même quelques scènes, mais le travail en resta là. Je souhaite qu'un plus jeune

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