‹ PoésiesChapitre 67 sur 225 · LE COMPAGNON ORFÈVRE · texte numérisé non relu

LE COMPAGNON ORFÈVRE

C'est ma voisine qui est une adorable fille! Du plus matin que j'arrive à l'atelier, je lorgne sa petite boutique.

Ensuite je bats les anneaux et les chaînes , les filigranes d'or. Ah! pensai-je quand, et puis encore quand, un pareil anneau sera-t-il pour Catherine?

Et sitôt crue les volets s'ouvrent , la petite ville entière accourt , et marchande et fourmille dans la boutique pour vingt emplettes.

Je lime alors, et ma foi ! bien souvent jusqu'à le rompre, maint filet d'or; le maître gronde, rude compère! il s'aperçoit que c'était la petite boutique.

Et zeste ! au premier moment de répit, vite elle saisit le rouet. Je sais bien moi, ce qu'elle veut filer! elle espère, la chère enfant !

Le petit pied trépigne et trépigne ; je crois voir alors sa jambe fine, je crois voir aussi sa jarretière, qu'elle a reçue de moi, la belle fille!

Et le trésor porte a ses lèvres le petit fil tenu. Oh! petit fil ! si j'étais à ta place, comme je baiserais la mignonne !

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