XVIII INTRODUCTION
l'Hymète. Environné de toutes parts de l'atmosphère antique, il y vit de sa propre vie, il donne à ses souvenirs, à ses passions, à ses rêves, l'idéal d'Homère et de Phidias, la forme classique des Grecs, et c'est pour lui vraiment que semble avoir été inspiré ce vers fameux, cité mal à propos si souvent :
Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques.'
Prenez les Élégies romaines, cette effusion lyrique d'un sein qui déborde, ce long monologue du bonheur conçu dans la manière des maîtres de L'antiquité, et pour peu que vous vous attachiez à pénétrer dans le fond du sujet, vous découvrirez bientôt sous cette naïveté de forme le caractère de l'élégie moderne, ramené qu'il est ça et là par plus d'un coup d'œil mélancolique jeté sur la Rome déchue et les voluptés du paganisme.
A mon sens, l'admirable élégie intitulée Euphrosine indiquerait mieux encore peut-être que les Elégies romaines cette tendance rapportée par Goethe de son voyage en Italie. Là, en effet, cette combinaison naïve d'abord, mais désormais systématique, des deux principes, vous frappe davantage, surtout si de l'idéal poétique vous rapprochez l'événement qui l'inspira. GetteEuphrosine que le poète, en gravissant un pic du Saint-Gothard, aperçoit dans les vapeurs d'une nuée incandescente, et qu'il prend au premier aspect pour quelque déesse, n'est autre que Christiane Neumann, jeune actrice dont il avait dirigé les débuts sur le théâtre de Weimar, et qui mourut pendant une course de quelques semaines que Goethe faisait à travers la Suisse. ■ Au moment où je venais de me