‹ Poésies légèresChapitre 112 sur 132 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ÀSPASIE.

N'attendez rien de cette violence.

BUO.

Des enfants de la liberté N'arrêtez pas l'essor sublime :

Les arts ainsi que la beauté Ne caressent jamais la main qui les opprime.

ALCIBIADB.

On peut subjuguer les talents Comme on peut soumettre les belles.

ASPASIE

Pour échapper à leurs tyrans Le génie et l'amour n'out-ils donc pas des ailes ? Minerve employait la douceur Pour apprivoiser Erychtée.

ALCIBIADB.

Sans la force, sans la rigueur, On n'obtenait rien de Prothée.

ENSEMBLE

Des enfants de la liberté

N'arrêtez pas 1 ,,

T î t essor sublime ,

Je gouverne j '

Les arts ainsi que la beauté

Ne caressent jamais \

Caressent quelquefois ] ^^ °^"^" ^i"^ ^" opprma>.

ASP ASIE.

Eh bien ! éprouvons tour à tour Votre pouvoir et ma puissance ; Voyons qui de nous en ce jour Saura vaincre sa résistance.

ALCIBIADE

Réserve pour l'amour ce charme séducteur Dont je connais trop bien l'empire ;

U ne pourrait rieu sur ua cœur Que l'orgueil a blessé, que la haine déchire j C'est par la menace et la peur Que je veux le réduire.

ASPASIE

Sans moi , je le prédis , Vous n'obtiendrez rien de Zeuxis.

Il paraît.... Je vous laisse apaiser sa colère.

{Elle sort.)

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