‹ Poésies légèresChapitre 54 sur 132 · POUR UNE FÊTE DE LOUISE · texte numérisé non relu

POUR UNE FÊTE DE LOUISE

Chanter Louise est bien facile j Tout comme vous je le croyais; Mais c'est le sujet de la ville Qui prête le moins aux couplets.

Dirai-je en effet qu'elle est belle , On me répond : Nous le savons ; Mon ami , garde ta nouvelle ; Ce ne sont pas là des chansons.

Si je veux peindre sur ses traces Ce qu'on y rencontre toujours , Le cortège aimable des Grâces , L'essaim fidèle des Amours , Parny , de cet air de conquêle Que vous et moi lui connaissons , Dit à l'oreille du poète :

Cène sont pas là des chansons.

Si je veux la suivre au théâtre, Et dans un couplet innocent Montrer tout Paris idolâtre De son admirable talenl , Aux premiers accords de ma lyre ; Le cri public couvre mes sons ; J'entends la France entière dire :

Ce ne sont pas là des chansons.

Oubliant l'actrice admirée , Si je veux, bornant mon sujet, Chanter d'une mère adorée Le modèle le plus parfait.

Alors une fille chérie , Sans me donner d'autres raisons , Me dii d'une voix attendrie :

Ce ne sont pas là des chansons.

l44 POÉSIES LÉGÈRES.

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